Archives de catégorie : Actu

Démantèlement de l’éolienne expérimentale du Carnet, Good Bye Ginette

Nous venons d’apprendre cette semaine le début de démantèlement du prototype d’éolienne offshore Haliade 150-6MW du Carnet qui signe la mort de Ginette (le doux nom que les zadistes lui avaient donné), fidèle compagnonne de lutte qui nous a accompagné durant nos mois d’occupation de la ZAD du Carnet, nous perdons également notre phare pour trouver la route du carnet.

Au delà de ce lien particulier qui nous lie à Ginette, c’est une bonne nouvelle que cette éolienne soit enfin démontée avec plusieurs années de retard (si nous n’avions pas été là, elle aurait peut-être rouillé sur place dans l’indifférence générale), elle ne polluera plus le paysage du Carnet. Nous avons une petite pensée également pour le maire de Frossay qui a vu sa demande d’adoption rejetée par Général Electric et qui ne pourra pas l’utiliser pour verdir sa commune alors qu’il soutient la destruction de plusieurs dizaines d’hectares de zone naturelle et humide pour construire un parc industriel (nous espérons qu’il ne s’ennuie pas trop depuis l’expulsion de l’occupation de la ZAD du Carnet).

Un recyclage illusoire

Les pales de 73m de long de Ginette en composite polyester – fibre de verre seront découpées en milieu clos, pour éviter la pollution des sols. General Electric nous vante le recyclage à 90% de l’éolienne (et la valorisation des 10% restants) alors qu’il n’existe aucune solution de recyclage pour ces matériaux. Les pales seront donc très probablement enfouies ou utilisées comme combustible dans les cimenteries. Cela nous rappelle que si le vent et le soleil sont disponible en quantité illimitées, les énergies renouvelables, panneaux solaires et éoliennes n’en sont pas plus écologiques : elles nécessitent l’utilisation de tonnes de béton, de nombreux matériaux composites et de métaux rares, à l’extraction très polluante et coloniale, faiblement recyclables et qui constituent autant de déchets polluants, mais aussi de pétrole.

Ce prototype s’inscrit dans le cadre du développement de l’éolien offshore au large de Saint-Nazaire et de Saint-Brieuc, projets qui détruisent nos paysages marins, perturbent la biodiversité. Nous ne sommes pas plus favorable à ces énergies renouvelables qu’au nucléaire (même si nous utilisons de l’électricité nucléaire pour publier ce texte.).

Il n’y a pas d’énergie magique

La problématique de l’énergie n’est pas qu’une question de techniques de production, c’est aussi une question écologique, sociale et coloniale (les métaux rares, l’uranium et le pétrole sont extraits en Afrique, Amérique Latine et Asie dans des conditions déplorables). Nous devons aussi interroger notre dépendance à l’énergie électrique qui ne cesse de croître, remplaçant progressivement les énergies fossiles (pour les véhicules par exemple), remplaçant l’énergie humaine (dans le cas du vélo ou de la brosse à dents électrique). Sans oublier le numérique, qui n’est pas si dématérialisé que ça et consomme toujours plus d’énergie électrique. En plus de l’implantation de nouveaux sites industriels de production d’électricité, nous devons dénoncer et combattre l’emprise de l’énergie électrique, énergie dite propre et dématérialisée sur nos vies. Sur ce sujet, vous pouvez consulter les réflexions des copaines de la Chose.

Vive le greenwashing

Enfin, si Général Electric prétend d’après un article de Ouest-France qu’avec le démantèlement la zone sera rendue « dans son état naturel », 110 hectares seront remblayés et bétonnés de manière irréversible au Carnet avec le projet d’écoparc technologique, pour produire ce genre d’éoliennes, des batteries ou des produits non labellisés éco-quelque chose. Le Grand Port se fait discret quant à ses intentions au Carnet, mais l’inventaire de la faune et de la flore, préalable aux travaux, devrait commencer prochainement, et nous restons opposé·es et déterminé·es à empêcher toute bétonisation de l’Ile du Carnet !

Si vous ou quelqu’un·e de votre entourage travaille au Grand Port et dispose d’infos concernant l’avancée du projet du Carnet, vous pouvez nous écrire à zadducarnet@riseup.net. (Utiliser Tor et une adresse mail non nominale par exemple Protonmail vous permettront de garantir votre anonymat)

Nous sommes toutes des enfants du Carnet

Rencontres de la confluence des luttes de l’Ouest de retour du 21 au 31 octobre à Montabot!

En résumé : 

 Les rencontres de la confluence des luttes de l’Ouest reviennent, elles auront lieu à la Grange de Montabot dans la Manche du jeudi 21 au dimanche 31 octobre! 

Voici un pré-programme collaboratif par ici . Il est à compléter – commenter selon vos envies et on pourra l’ajuster au fil des envies !

Les repas sont partagés (on va faire un peu de récup mais n’hésitez pas à ramener quelques victuailles à partager) et il y a possibilité de camper sur place en tente ou en camion – véhicule!

C’est cool d’être autonome au niveau couchage (attention à la température, il peut faire froid fin octobre) car il y aura un dortoir avec quelques places pour y dormir mais tout le monde ne pourra pas y dormir.

Et pour celleux qui veulent avoir plus de détails : 

    Présentation de la confluence des luttes de l’Ouest

La Confluence se voit comme un outil qui relie les luttes plus qu’elle ne les organise, elle propose un espace de rencontres, plus ou moins régulier où se mêlent discussions, réflexions autour de nos luttes avec des individu·es impliqué·es dans différentes luttes contre les projets inutiles mais aussi l’anti-capitalisme, le féminisme, l’anti-racisme, l’anti-classisme …  

Cet espace de rencontre vise à créer des liens interpersonnels entre personnes luttant dans l’ouest, partager des expériences individuelles et collectives et à faire émerger des projets collectifs de mutualisation ou d’entraide. La confluence n’a aucunement la prétention de porter l’organisation hors des luttes. Il ne s’agit pas d’un collectif de collectifs visant à adopter une stratégie globale de lutte. Chacun·e conserve son autonomie et la Confluence n’a pas vocation à s’occuper de la manière dont les gens s’organisent, mais uniquement de faciliter l’entraide entre les luttes telles qu’elles sont ! 

10 jours de confluence ! 

Nous repartons sur un format long de confluence comme l’an dernier au Village du Peuple (et oui déjà un an depuis les dernières rencontres! on est pas hyper ponctuels, mais avec les luttes le temps passe vite!).  Ce format long permet d’éviter l’effet week-end trop rempli et la saturation qui va avec. Il permet aussi d’avoir un rythme plus tranquille pour des échanges informels, en profiter pour se retrouver, partager un peu de temps ensemble, des repas et soirées, de l’improvisation, des balades, jeux … ! 🙂 … mais vous pouvez évidemment ne passer que quelques jours !

On y discutera bien sûr de l’actualité des luttes contre les projets inutiles dans l’ouest mais aussi des problématiques liées au soin, à la neuroatypie et à la santé psy, d’organisation collective de la sortie de l’emploi, de comment on structure un peu plus cette confluence des luttes, et de tout ce que vous avez envie de parler selon le moment et les participant.es !

Ces rencontres sont auto-gérées mais pour qu’elles soient agréables pour toustes, il y a un peu d’orga en amont (comme d’hab). Du coup les coups de main sont les bienvenus ! Si tu as envie de participer (un peu / beaucoup) à l’orga, fais nous signe à laissebeton [at] riseup.net (on prévoit d’en discuter d’ici peu). On cherche entres autres des personnes pour nous aider à ramener de la récup’, pour relayer l’événement sur des listes mails de l’Ouest …

Nous pensions articuler ces rencontres en plusieurs temps de plusieurs jours pour chacune des grandes thématiques avec un programme relativement libre à chaque fois, mêlant discussions, projections de films, ateliers pratiques (car on finit par saturer à passer trop de temps à discuter). 

N’hésitez pas à nous envoyer un mail à laissebeton [at] riseup.net si vous cherchez un covoit ou avez des place dans votre véhicule. On vous mettra en contact ! On est moins rapide que blablacar pour vous trouver un covoit’ mais ça fonctionne quand même.

A très vite à Montabot

Soutien aux copaines de la MDP de Nantes <3

La Maison du Peuple de Nantes vient d’être expulsée hier. Un lieu d’acceuil inconditionnel et aux nombreuses activités, où le collectif nantais de défense du carnet faisait ses réunions et qui nous avait accueilli chaleureusement après l’expulsion.

Courage les copaines ❤

Rendez-vous vendredi 30 Juillet à 14h devant la fondation la Providence, 7 rue Cardinal Richard à Nantes, pour exprimer au propriétaire notre mécontentement et notre colère.

Plus d’infos sur la situation et les prochains rassemblements sur la page Facebook de la MDP

BRÛLE DGR

Trigger Warning : transphobie

On est dans le camps Hors Dla Loire organisé autour et proche de l’île du Carnet. Ce texte est un retour d’expérience par rapport à la venue d’un membre de Deep Green Résistance (DGR) Bretagne dans ce camp.

DGR Bretagne suit la ligne de DGR France qui a une vision transphobe TERF (trans exclusionary radical feminist) et SWERF (sexual worker exclusionary radical feminist) de la lutte et du monde (voir liens).

« DGR France prône l’autonomie des groupes locaux et des individues, l’équité, la diversité des tactiques, l’abolition du genre, de la prostitution, de la pornographie, de la domestication, de toutes les techniques autoritaires. »

On a tej le gars c’était cool.

Leur vision du genre suit une ligne Radical Feminist (radfem) attaquant les théories « queer » et du genre. Iels veulent des espaces en non mixités « femelles » et réfléchissent en terme d’organes génitaux.

Le type nous a même dit « on a l’habitude de se faire jeter de tous les espaces et des réseaux sociaux à cause de transphobie, putophobie et validisme ».

Il y a environ 2 ans et aussi plus récemment en janvier 2021, sur le site de DGR ont été publiés des textes se défendant d’être transphobe, sauf que le texte est encore plus transphobe, ils sont toujours accessibles et trouvables sur le site.

Leur coté anti-civ, anti-tech à tendance primitiviste les oppose aux prises d’hormones pour les personnes trans, ça en fait des cis qui parlent sur si les trans doivent/peuvent prendre des hormones. Ces mêmes cotés anti-civ, anti-tech sont validistes mais n’étant peu/pas concernéxs, nous ne développeront pas sur cette thématiques (renseignez vous vous verrez).

Nous tenons à insister sur le fait que ce n’est pas une position individuelle mais bien la ligne politique et idéologique qui est transphobe, iels ont réfléchi et leur conclusion a été une conclusion transphobe. Ce n’est pas « juste » des personnes pas au fait des dynamiques de la transidentité.

On a appris l’arrivée d’un gars venant représenter et au nom de DGR Bretagne vers 11h pour 16h, on a commencé à en parler en interperso puis en mini réu mixtes entraînant une vraie reu MINT (Meuf Intersex Non binaire Trans). On a discuté de sa venue et du fait que DGR est connu pour etre entre autre une organisation transphobe, on avait pas d’infos pour savoir si le groupe de Bretagne était ok avec les positions du groupe français (on écrit le texte aussi pour ça → iels sont 100 % ok avec toutes ses positions). On ne voulait pas exposer personne à de la transphobie donc on a décidé de lui demander à son arrivée de ne pas parler en tant que DGR et aussi pour son avis et sa position mais aussi celle du groupe Breton sur les positions transphobes de DGR France.

A son arrivée, 3 MINTs sont alléxs discuter avec lui.

Il a dit être en accord personnellement mais que le groupe de Bretagne l’était aussi avec DGR France, même qu’il est cadre DGR et que « si je n’étais pas d’accord je ne serais pas à DGR ». C’était assez rigolo, on s’attendait à ce qu’il réfutent les positions transphobes du groupe (ou alors on l’espérait) mais il était d’accord et l’a dit cash.

Il nous a dit pouvoir se taire sur son opinion si il voyait qu’il n’était pas partagé mais que de toutes façons il le penserait quand même, qu’il voulait bien dialoguer mais qu’en tant que cadre DGR il était au fait de toutes ces thématiques et donc qu’il ne changerait pas d’avis (il a même dit être triste car il savait qu’il ne pourrait pas nous convaincre « ouin ouin »).

On le quitte sur ça et on se réunit entre MINTs une deuxième fois pour prendre une décision, on arrive assez vite à la conclusion qu’on ne veut pas de sa présence dans le camp et qu’on va le tej, on dit qu’on lui file des brochures sur les dynamiques trans.

On décide également de prévenir les autres cismecs et les MINTs n’étant pas à la réu en interperso/petits groupes plutôt qu’en plénière pour éviter de qu’ils le défendent etc.

Un petit groupe va donc lui dire de partir et lui file les brochures, il dit ok et part, mais aussi qu’il lira les brochures mais ne changera pas d’avis (du coup on a gâché quasi toutes nos brochures trans pour rien).

C’était hyper empouvoirant et on a bien géré pour trouver un consensus. On vous invite par ailleurs a tej DGR de nos lieux et de nos luttes. Pas de transphobes, validistes, putophobes, oppresseureuses dans nos luttes !!

Adelphité <3

Des MINTs de Hors Dla Loire

https://deepgreenresistance.fr/2021/01/05/dgr-validiste-et-transphobe-reponse-aux-accusations-et-menaces-du-groupuscule-beaulieu-ecologiste/

https://deepgreenresistance.fr/2021/05/12/communique-2/

Un week-end de mobilisation contre le projet destructeur Carnet placé sous le signe de la répression

Merci au collectif StopCarnet dont nous reprenons le compte-rendu du week-end du 5-6 juin 2021.

Organiser des évènements militants dans un contexte répressif et autoritaire devient extrêmement difficile et ce particulièrement en milieu rural où les luttes sont malheureusement souvent invisibilisées. La répression de nos évènements du week-end a dépassé tout ce que nous pouvions imaginer, nous obligeant à jouer constamment au chat et à la souris avec les dispositifs policiers et notre copain interpellé violemment est actuellement toujours en garde à vue.

Un très méchant pique-nique très réprimé

Samedi, nous avons organisé un simple pique-nique ainsi qu’une balade naturaliste en bord de canal afin de nous retrouver, d’échanger sur la lutte du Carnet et l’industrialisation de l’estuaire de la Loire.

Mais la mairie de Frossay a délivré des arrêtés municipaux pour interdire la circulation et le stationnement pour risque avéré de « rave party ».

(Si nous ne sommes pas contre la danse libre, il s’agissait seulement de manger des méchantes chips accompagnées de méchants bouts de pain, on nous y reprendra plus !)

Nous avons donc dû déplacer le lieu de notre pique-nique au dernier moment. En rejoignant le lieu de notre pique-nique, nous avons découvert un dispositif policier surréaliste : une vingtaine de camions de gendarmes mobiles encerclaient le Carnet, nous avons croisé 4 camions de gendarmes mobiles et nous avons été escortés par 4 motards.

Motards, camionnettes de gendarmerie  et voitures banalisées ont circulé régulièrement ou sont restés en stationnaire toute la journée pour effectuer des contrôles, décourageant ainsi les potentiel.le.s participant.e.s de nous rejoindre. Les gendarmes ont également relevé les plaques d’immatriculation des voitures présentes en cachette.

Certains gendarmes nous ont dit eux-mêmes ne pas comprendre ce qu’ils faisaient, ne pas vouloir répondre à nos questions et ne répondre qu’aux ordres.

Par ailleurs, lorsque nous avons évoqué la complicité de la gendarmerie lors de l’épandage des boues de station d’épuration sur la route du Carnet avant notre week-end de mobilisation fin août, un gendarme nous a dit qu’il s’agissait d’individus isolés ! (La mise en place de caméras de surveillance cachées et hyper sophistiquées dans des fausses pierres et faux tronc d’arbres est probablement également le fait de gendarmes isolés qui sont décidément bien nombreux !)

Heureusement, nous avons tout de même passé une belle journée sous le soleil aux écluses de Buzay et de chouettes échanges et liens ont pu émerger, en plus de renforcer notre solidarité !

Une manifestation champêtre sous haute protection policière

Nous étions 250 hier à manifester contre le projet du Carnet. Nous avons également dû préciser la localisation exacte de notre manifestation au dernier moment pour anticiper les potentiels blocages ou contrôles policiers. La haute surveillance policière, les nombreux camions de gendarmes mobiles, les contrôles par des gendarmes armés de fusil ou de FAMAS ainsi que les arrêtés municipaux interdisant la circulation et le stationnement ont eu raison de notre mobilisation alors que nous étions 1500 fin août.

Le cortège a rejoint Frossay dans une ambiance bon enfant mais sous la surveillance accrue des renseignements généraux et les prises de parole ont bien entendu été filmées de près. La manifestation s’est très bien déroulée et aucun dommage ni heurt n’est à déplorer.

Photos Collectif Stop Carnet et Suvann (nous vous encourageons à consulter ses magnifiques photos !)

Interpellation brutale et expéditive d’un membre du collectif Stop Carnet, paysan bio pacifique, dont les problèmes de santé étaient connus des services de gendarmerie

https://video.wordpress.com/embed/mfTBozKg?controls=0&preloadContent=metadata&hd=1

Alors que nous quittions la zone de stationnement après notre manifestation, 5 camions de gendarmes mobiles armés se sont garés sur le bas côté et sont venus extraire violemment un copain paysan bio de 62 ans d’un véhicule et l’ont interpellé puis jeté dans un fourgon. Cette extraction forcée par la gendarmerie est illégale et son interpellation ne fait que confirmer l’acharnement policier et judiciaire dont ce lanceur d’alerte dans le Pays de Retz est victime depuis des années. Par ailleurs, notre copain subit des problèmes de santé dont un coccyx brisé qui lui cause un arrêt de travail et les gendarmes sont bien évidemment au courant. Sa garde à vue a été prolongée à 48h, avec un risque de comparaître dès demain au tribunal.

Le médecin de garde qui l’a examiné en garde à vue atteste de « coups et blessures » et est choqué sans avoir assisté à la scène.

La trentaine de personnes qui souhaitaient partir de la zone de stationnement ont été nassé.e.s par plusieurs dizaines de gendarmes mobiles sans aucune raison.

Photos Collectif Stop Carnet et Suvann

Notre copain, est inculpé pour « menaces de crime ou délit envers un dépositaire de l’autorité publique », menaces que nous n’avons aucunement entendu pendant la mobilisation. En revanche, notre copain subit régulièrement des menaces de mort et intimidations et ses plaintes ne sont pas prises par la gendarmerie locale. https://terres-communes.zici.fr/surfpark-recit-des-faits-complet-de-la-journee-traumatisante-du-20-juillet-2019-et-appel-a-soutien-quand-une-milice-pilotee-par-la-fnsea-des-elus-et-protegee-par-les-autorites-expulse-violemment/embed/#?secret=2tv0zmvjoG

Plus d’infos sur ce que subit Hubert et d’autres lanceur/se-s d’alerte dans le Pays de Retz sur le blog du collectif Terres Communes et notre blog.

Nous sommes encore sous le choc face au terrorisme d’Etat qui nous est infligée. Un pique-nique et une manifestation bon enfant mais ultra réprimés qui montrent la violence d’un régime autoritaire et une impossible dissidence politique et contestation.

Nous nous battons contre un projet destructeur porté par les acteurs économiques et politiques en catimini.

Nous nous battons pour un monde digne et juste pour tous et toutes, pour une vie soutenable et contre l’effondrement de la biodiversité et le dérèglement climatique mais nous sommes pourtant considéré.e.s comme des terrroristes et des ultra-violent.e.s.

Les membres de notre collectif, les soutiens à la lutte et les riverain.e.s du Carnet subissent des vols d’hélicoptère au-dessus de leur domicile, des gardes à vue, des véhicules de gendarmerie devant leur domicile. Une véritable ZAD bleue a fait place aux barricades joyeuses et colorées de la ZAD du Carnet faisant peser des contrôles et un dispositif policier incroyable autour du Carnet.

Qui sont les terroristes et ultra violent.e.s ?

Combien d’argent public gâché au service d’un projet écocidaire et pour préserver les intérêts du Grand Port Maritime Nantes-Saint-Nazaire dont les conséquences sociales et environnementales détruisent l’estuaire de la Loire ?

Solidarité avec notre copain enfermé et les militant.e.s qui subissent une répression de plus en plus forte visant à décourager toutes formes de luttes !

De nouvelles formes de mobilisation vont prendre forme ces prochaines semaines afin de relancer notre lutte et garantir des espaces sécurisés pour celles et ceux qui souhaiteraient nous soutenir !

À bas l’Etat policier et à bas l’autoritarisme !

Pour que vive le Carnet libre et sauvage !

Nous sommes la Loire qui se défend et la Loire qui attaque !

Pour nous soutenir financièrement, merci d’avance :

https://www.cotizup.com/stopcarnet

Dans la presse :

https://actu.fr/pays-de-la-loire/frossay_44061/loire-atlantique-arrete-apres-la-manifestation-contre-le-projet-du-carnet-il-va-porter-plainte-pour-coups-et-blessures_42516407.html

Interpellation violente d’un militant de Stop Carnet d’une soixantaine d’années

RDV devant le commissariat de Pornic : lundi 7 juin à 16h

La terreur d’Etat monte en puissance au pays de Retz

Nous nous sommes retrouvé.es ce dimanche 6 juin pour une manifestation joyeuse et pacifique autour de la commune de Frossay, pour exiger l’abandon définitif du projet destructeur au Carnet.

Un dispositif démesuré nous attendait sud Loire pour encadrer cette manifestation pourtant jugée « bon enfant » : la zone était cadrillée par les gendarmes de Vue à Saint Brevin…
Tout ça pour 150 personnes qui défilaient dans la joie et la bonne humeur, en chantant.

Alors que la manifestation se dispersait, dans le calme et que les participant.es regagnaient leurs vehicules, cinq fourgons de gendarmerie mobile se sont déployés aux abords de la route, le long du parking.

Les manifestant.es n’osaient pas sortir en sortir en voiture de peur de se retrouver bloque.es ou interpellé.e.s .
Un membre du collectif stop carnet s’est alors avancé pour s’assurer que tout le monde allait pouvoir quitter les lieux sans contrôles. Les gendarmes lui ont affirmé que la voie était libre et lui ont garanti qu’ils n’allaient pas contrôler les personnes présentes.

La voiture qui conduisait ce copain de stop carnet s’est alors engagée et s’est retrouvée bloquée immédiatement par une ligne de gendarmes qui ont immobilisé le véhicule.

Les gendarmes ont ouvert les portes et ont saisi violemment le camarade de Stop Carnet pour l’arracher de la voiture. Ils l’ont plaqué brutalement au sol, lui ont passé les menottes, l’ont traîné sur plusieurs mettre pour le jeter a plat ventre dans une camionnette de gendarmerie, qui s’est empressée de déguerpir sur le champs, alors même qu’il n’était ni attaché ni même assis.

Mais qu’est ce qui justifie l’usage d’une telle violence ?
Qu’est ce qui justifie une interpellation si brutale ?

Le membre du collectif Stop Carnet est toujours en garde a vue a l’heure où nous écrivons ces lignes.

Un médecin a attesté la présence de coups et de blessures sur le prévenu.

Nous dénonçons ce climat de terreur qui règne contre les lanceurs d’alerte et militante.s écologistes au Pays de Retz depuis quelques années et qui ne fait que de semplifier.

Plus d’info a retrouver bientôt !

RDV devant le commissariat de Pornic : lundi 7 juin à 16h

Merci par avance pour votre soutien et votre solidarité.

MOBILISATION FESTIVE POUR UN CARNET LIBRE ET SAUVAGE – 5 & 6 JUIN 2021

MAJ 05/06 23h

🛑 Informations sur la mobilisation de demain, dimanche 6 juin 🛑

Malgré la répression sidérante subie lors de notre pique-nique, nous maintenons évidemment la manifestation de demain ! ✊

Les intimidations policières et étatiques ne nous font pas peur et ne nous font pas faillir : nous avons passé une belle journée sous le soleil autour des écluses de Buzay et de chouettes réflexions et liens ont émergés pour lutter contre le projet de zone industrielle du Carnet ! ❤️

La manifestation n’est pas interdite à Frossay et nous mettrons tout en œuvre pour que la mobilisation se passe bien demain et que nous puissions éviter tous types de contrôles, la solidarité est la plus belle des armes ! 🥰

Le lieu précis de la manifestation vers Frossay sera communiqué ici avant 14h, surveillez bien les informations, et n’hésitez pas à appeler au 0605817835 et/ou rejoindre l’infotrafflic en envoyant « hello » au numéro à partir de Signal : + 1 86 47 63 61 56 😊

Hâte de vous retrouver demain pour une manifestation joyeuse et festive et qu’on se batte ensemble pour un Carnet libre et sauvage et contre ce régime autoritaire ! ✊🌿🐦🦌

MAJ 05/06 : INFOS PRATIQUES À LIRE SUR LA MOBILISATION : CHANGEMENT DE LOCALISATION

Suite aux arrêtés préfectoraux interdisant la circulation et le stationnement aux alentours du point de rendez vous du pique nique prévu ce samedi 6 juin 2021,nous avons décidé de modifier le lieu du rassemblement pour qu’il puisse se dérouler le plus paisiblement possible.

Notre but est de nous retrouver et de faire de cette journée un moment de rencontres, de partage d’expériences et de connaissances autour de l’estuaire de la Loire et de son histoire.

Nous ne voulons pas laisser les forces de l’ordre gâcher ce rassemblement. Merci par avance de bien vouloir accepter ce petit changement de localisation.

Nous dénonçons les moyens démesurés mis en place pour interdire, bloquer et réprimer ce rassemblement pacifique et bon enfant.

L’helicoptere de la gendarmerie a survolé plusieurs fois hier les communes avoisant le carnet.
Des cars de gendarmerie mobile sont stationnés à Saint brevin dans l’attente du feu vert pour réprimer tout déplacement collectif jugé « subversif ».

L’état et la commune de Frossay font preuve une fois de plus d’une dérive autoritaire qu’il est important de contester.

Il y a urgence à manifester notre amour et détermination pour défendre l’île du Carnet.

Il y a urgence à ne pas céder à la peur ainsi instaurée, à la répression ainsi banalisée.

Laissons notre ardeur de vivre et notre determination prendre le pas sur leurs tentatives de criminalisation !

Ce dispositif pour réprimer un pique nique et une balade naturaliste est absurde.

Soyons nombreux.ses à nous retrouver ce matin !

Afin de ne pas inviter la gendarmerie au point de rassemblement, nous ne vous le delivrerons qu’au dernier moment.

RDV vers le Pellerin en direction du Canal de la martiniere, des indications vous guideront jusqu’au pique nique.

Une ligne d’info sera ouverte pour vous guider par téléphone si vous êtes perdu.e.s ou bloqué.e.s :
0605817835

Des infos pour la manifestation de dimanche seront en ligne sur les réseaux sociaux des aujourd’hui !

Mobilisons nous pour un Carnet libre et sauvage!

Les habitant·e·s de la ZAD du Carnet ont été expulsé·e·s mardi 23 mars par un dispositif répressif important, mais la ZAD reste elle bien là et vivante avec ses 400 hectares de zone humide et sauvage, ainsi que tou·te·s ses habitant·e·s non humain·e·s !

Le projet d’aménagement du Carnet est actuellement suspendu, aucun nouveaux travaux n’a pu avoir lieu depuis l’implantation de la ZAD du Carnet, aucune entreprise n’a manifesté l’envie de s’implanter au Carnet, grâce à la lutte que nous avons mené ensemble jusque là, mais il n’est pas annulé et nous devons resté·e·s vigilant·e·s et mobilisé·e·s.

Nous sommes tristes et en colère de l’expulsion des habitant·e·s de la ZAD du Carnet, mais nous restons tou·te·s déterminé·e·s à continuer la lutte pour un Carnet libre et sauvage, sans projet du Grand Port, ni gestion «écologique » de la zone par ce même Grand Port.

Nous proposons de se retrouver à Frossay le week-end des 5 – 6 juin pour un week-end de mobilisation festive afin d’enterrer définitivement le projet .

Programme

Samedi 5 juin
11h : pique nique. Rdv devant le Quai Vert à Frossay
14h : balade naturaliste au départ du Quai Vert à Frossay
Et toute la journée à partir de 11h: discussions notamment sur les suites de la lutte au Carnet et dans l’Estuaire de la Loire, la biodiversité sur l’Ile du Carnet et l’histoire coloniale du port

Dimanche 6 juin
14h00 : Manifestation pour l’abandon définitif du projet. Rdv dans le bourg de Frossay !

Pour les personnes venant de loin, si vous cherchez un hébergement ou bout de terrain où vous poser ou que vous pouvez accueillir des gens, c’est par ici !

Afin de limiter les risques liés au Covid sur place :

  • Apportez un masque avec vous et portez le lorsque vous serez en intérieur
  • Il y aura du gel hydroalcoolique à disposition

Nous tenons à nous excuser auprès des personnes ne pouvant prendre le risque de venir à cause de nos moyens anti-covid.

Télécharger l’affiche de l’événement (image)

Télécharger l’affiche (PDF)

Télécharger la bannière pour les réseaux sociaux

Tant que le projet du Grand Port ne sera pas abandonné, il continuera de nous trouver sur son chemin pour l’empêcher de bétonner l’Ile du Carnet !

Nous sommes tou·te·s des enfants du Carnet !

La ZAD du Carnet est toujours là !

Nous avons été expulsé.es de la ZAD du Carnet, 400 hectares de zone humide et sauvage [1], mardi 23 mars dès 5h00 du matin avec une débauche de moyens : 800 gendarmes sur zone et  aux alentours, 3 zodiacs 2 hélicos, 2 blindés…. le tout après un mois de pression psychologique causée par la menace d’expulsion et la présence accrue de gendarmes. 
A la suite de l’évacuation des humain.es, des gendarmes mobiles restent sur zone ainsi qu’une entreprise de sécurité privée pour empêcher une réoccupation. Un tel déploiement de forces policières nous semble être une grotesque mise en scène de la toute puissance de l’état autoritaire, qui vise à décourager par avance la moindre contestation.

Dans ce communiqué nous souhaitons partager notre analyse de la situation entre colère, optimisme et détermination car la lutte pour un Carnet libre et sauvage continue !

Cette expulsion s’inscrit dans un contexte autoritaire 

L’Etat réprime et fiche des militant.es, surveille et contrôle les citoyen.nes aux dépens des libertés individuelles et collectives, qu’il s’agisse d’une menace d’attentat ou d’une crise sanitaire. La législation [2] suit le même mouvement, et donne sur le terrain un pouvoir démesuré aux forces de l’ordre, amoindrissant de plus en plus les différentes formes de mouvements populaires possibles (manifestations, grèves, associations d’aide en tout genre … et ZAD, évidemment)

Pour rappel, voici un petit inventaire des (ré)pressions subies  au Carnet depuis notre arrivée : les amendes, les caméras posées illégalement destinées au fichage massif des opposant.es politiques, les hélicos qui survolent quotidiennement la zone pour nous observer, les zodiacs, la tentative d’homicide (en mettant le feu à un camion avec une personne à l’intérieur) et le tabassage de trois camarades à la barre de fer par des fachos du coin, les interdictions de circuler librement aux alentours et harcèlement policier (notamment pour les riverain.nes), les drônes, les appels à la haine, au meurtre sur les réseaux sociaux, l’acharnement (larmoyant) des maires réactionnaires de la communauté de commune, et une expulsion dans le plus grand des calmes … apparemment ?

La Préfecture revendique une expulsion pacifique, vraiment ?

Non, la préfecture n’est pas subitement devenue magnanime et compréhensive, elle fait simplement de la communication.Ils finissent par comprendre que la stratégie de « désescalade de la violence », toute relative, et du fichage massif  leur permet de médiatiser l’image de la maîtrise extrême du contexte. Et si il n’y a pas de spectacle, il n’y a pas d’images, pas d’indignation, pas de soutien. 

S’il y a eu peu de violences physiques, cette expulsion n’en est pas moins violente et une démonstration de domination inhérente à l’État  :        

Car oui, c’est violent de se faire expulser de son lieu d’habitation, de foutre de façon délibérée des personnes dehors, d’écraser toute contestation et tentative d’altérité, d’imposer des gardes à vue, de priver de liberté des gens qui défendent une zone naturelle et luttent contre la répression à venir … On n’oubliera pas la gestion désastreuse de la crise sanitaire et les répercussions néfastes sur la vie des gens. Ainsi, oui, la violence n’est pas toujours physique. 

Nous, habitant·e·s humain·e·s du Carnet, sommes en colère 

Des copaines ont subi des violences et de la répression, nous avons perdu notre maison, un lieu de vie commun, un des rares espaces où tout est possible et où nous tentons de vivre en accord avec nos valeurs anti-capitaliste, d’autogestion et d’entraide, contre toute forme d’oppressions et de domination.

Nous sommes également choqué.es et tristes que notre lutte, malgré sa légitimité en période de crise sanitaire et écologique [3], provoque autant d’incompréhension et de haine sur les réseaux sociaux et dans les médias. Élu.es et préfecture se vantent d’avoir nettoyé le Carnet, mais le béton du projet industriel aurait eu, lui, un impact irréversible sur le sol et l’environnement qu’il détruit.

On assiste à une criminalisation des luttes écologistes au moment où on en aurait le plus besoin.

Les ZAD de la Colline, Gonesse, Arlon ont été expulsées … , à cela s’ajoute les interdictions notamment des habitats légers, des enseignements alternatifs, des free party ou encore les accusations de terrorisme visant des collectifs libertaires,  rappelant que l’État n’accepte pas de vision différente de la sienne.L’expulsion a d’ailleurs eu lieu le jour du procès de camarades militants ( procès qui consiste à les incriminer d’avoir reçu des coups par une milice de fachos, sous le regard bienveillant des gendarmes, sous prétexte qu’ils devaient s’y attendre) avec des peines encourues importantes. [4]

Pour autant, ce n’est pas une victoire de leur part, d’arriver a plusieurs centaines armés, avec des milliers d’euros d’argent public retiré aux hôpitaux, aux retraites, et aux écoles contre une cinquantaine  de militant.es ayant passé l’hiver dans des cabanes (on sait pas, on sait pas compter). Ce n’est pas une victoire mais une honte. L’État se radicalise et s’enferme dans son dogme ultra libéral, il a choisi ses priorités et objectifs : ce ne sont pas les retraites, la santé, l’hébergement des personnes à la rue, la précarité, l’accueil des réfugiés de guerre et climatique, la sécurité sociale… mais la répression et la défense de l’intérêt du capitalisme et ses privilégié.es.

Ce n’est pas une défaite, car tant qu’on n’a pas perdu, on gagne. 

On ne peut pas en dire autant des élu.es des villes voisines qui ont perdu la ZAD, le projet et dont les villes retrouvent leur anonymat, dans l’ombre de la métropole nantaise. On propose d’ailleurs un suivi psychologique pour les élu.es qui risquent de s’ennuyer et de déprimer sans nous !

La zone n’est toujours pas bétonnée, les élu.es, membres du conseil de surveillance du port, ont reconnu la vacuité du projet, aucune entreprise n’a manifesté d’intérêt pour le projet et les habitant·e·s du coin sont alerté.es sur les impacts et nuisances que nous avons permis d’éviter.

D’ailleurs rappelons que la ZAD n’a pas été expulsée, ce sont ses habitant·e·s humain·e·s qui l’ont été mais la zone humide, les espèces animales et végétales sont toujours là !

Et puis on vous avoue que plus qu’une évacuation, on redoutait la présence des moustiques. Ça tombe à point nommé.

Rappelons aussi ce qu’a permis la ZAD : on a créé des liens et réseaux, on a appris à travers des ateliers, chantiers et discussions, on a partagé de l’amour et des câlins, on s’est bien amusés avec des fêtes à l’image du Carnazad ou de celle du solstice d’hiver.

Maintenant on sait réparer son vélo, sortir du système de justice conventionnelle, faire du pain, chanter, lire collectivement, s’écouter et se réconforter, construire avec n’importe quoi sa propre maison ou des toilettes sèches [5], retransformer les déchets en matériaux, aliments et œuvres d’art, lire l’heure avec le soleil, grimper aux arbres, survivre au froid …

La vie sur ZAD n’est pas parfaite, nous n’avons pas choisi d’y vivre par plaisir mais par nécessité, pour protéger ce qui peut encore l’être. La vie collective peut être intense de bien des façons, il est important de le rappeler. [6]Pour autant, on vous encourage à venir les rejoindre  ou en créer vers chez vous , on y vit des expériences épanouissantes et rigolotes, qui nous rendent plus vivant.es. 

On remercie tou.tes celles et ceux qui font la lutte : gens de passage et moins de passages, soutiens et camarades de Stop Carnet et des collectifs de soutien pour leur participation à ce premier round de lutte contre le projet du Grand Port !

merci pour les nouvelles barricades (la déco laisse à désirer, mais on s’en occupera), elles nous seront bien utiles pour la suite!

Tant qu’il y aura des projets inutiles et mortifères, il y aura des ZAD et des zadistes pour les faire vivre !

Car s’il n’y a plus de projet actuellement, il n’est que suspendu  et non pas annulé. Le grand port a demandé des inventaires naturalistes cet été, pour relancer le projet dans  un an ou deux ! La lutte continue et nous invitons citoyen·ne·s et militant·e·s de tous horizons à ne plus être conciliant.es et dans le compromis avec les destructeurs de la nature et à nous rejoindre ici et ailleurs !

En ce qui concerne la lutte au Carnet, un week-end de mobilisation festif et familial pour enterrer le projet du Grand Port est prévu en mai, les infos seront disponibles bientôt sur notre site et les réseaux sociaux !

D’ailleurs la saison 2 [des zads], c’est toujours la meilleure ! 

On a caressé l’utopie, ça nous suffit pour lutter !

Allez sans rancune acab, pas bisou


[1] https://stopcarnet.fr/le-projet-du-grand-port/la-loire-en-danger-le-carnet-un-site-naturel-a-proteger/
[2] https://www.laquadrature.net/2020/10/29/loi-securite-globale-surveillance-generalisee-des-manifestations/
[3] https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/quinze-mille-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete_5214199_3244.html
[4] https://terres-communes.zici.fr/surfpark-proces-du-23-mars-envers-des-militant-e-s-pourtant-victimes-dune-expulsion-milicienne-bientot-limpunite-dactes-miliciens-en-france/
[5] https://zadducarnet.org/index.php/2021/01/25/retour-en-photos-du-chantier-collectif-des-23-24-janvier/
[6] https://zadducarnet.org/index.php/2021/04/01/zad-et-violences-patriarcales/

ZAD et violences patriarcales

Voilà une publication qui aurait dû sortir il y a environ une semaine ; l’expulsion de la ZAD ayant tout bousculé, nous avons décidé de la mettre tout de même sur le site même si le contexte de l’occupation sur zone n’est plus d’actualité.

Ce texte est l’expression des personnes MINT* présentes lors de sa conception. Le groupe est mouvant selon les jours, accueille régulièrement des nouvelleaux… nous avons donc essayé de concilier nos points de vue à un instant donné, ce texte en est le reflet et ne représente personne d’autre que nous-même.

Plusieurs agressions sexuelles ont eu lieu sur la ZAD depuis le début de la lutte. Cela a même commencé dès les premiers jours lors du festival du 29 et 30 août 2020. Parceque nous ne l’avons encore jamais évoqué sur le site du Carnet alors que visibiliser ces agressions au lieu d’en faire des tabous sont la première étape pour lutter contre, nous voulons en parler maintenant.

Nous vous invitons tout d’abord à prendre connaissance de ces deux témoignages que la ZAD a eu bien du mal à assumer et n’a donc pas jusqu’ici relayé. Attention, certains passages pourraient heurter la sensibilité de certain·e·s :

La manière dont la ZAD est médiatisée est très binaire, car la lutte est également médiatique et cela nous oppose naturellement à l’image diabolique présentée par les merdias conventionnels. Ainsi, pour nous défendre auprès de l’opinion public, nous avons pris l’habitude de ne mentionner presque que les aspects jouant en notre faveur. Cela pose un grave problème d’idéalisation de la ZAD pour celleux qui n’y ont jamais vécu. Alors nous voulons parler de la réalité pour ce qui est des violences sexuelles et patriarcales sur zone et c’est avec rage que nous vous avouons qu’il n’est pas possible de garantir la sécurité physique et psychologique de chacun·e. Les oppressions liées au genre sont même quotidiennes. Sexisme ordinaire, paternalisme, transphobie… Malgré nos efforts, la ZAD est loin d’être un lieu « safe »** et cela oblige les personnes oppressées à éviter certains lieux, certaines personnes, et même à s’auto-exclure de la zone. Comme partout en société, à la différence qu’à Babylone*** ce genre de problème est silencié.

Nous venons d’ailleurs toustes de cette société que nous rejetons, ce qui signifie que nous avons encore des mécanismes, des réflexes, qui ne sont pas encore déconstruits. Cela demande des années, une vie, des générations. La ZAD est par ailleurs un lieu où toutes les origines, les classes sociales, les horizons, sont brassés ; nos habitudes sont différentes, nos languages sont différents, nos fonctionnements sont différents. Notre quotidien est donc emprunt de bouscumements dans nos façons de faire et de penser, de débats, d’inconforts, de dominations, de violences, parceque nous nous confrontons les un·e·s aux autres.
Nous ne sommes pas parfait·e·s dans nos agissements, nous faisons de notre mieux pour nous adapter et inventer des solutions pour cohabiter.

Nous avons donc mis en place depuis plusieurs mois des espaces en non-mixité, espaces de paroles, d’actions et d’expressions, ainsi qu’un lieu de vie avec une cabane. Cela nous demande du temps et de l’énergie supplémentaire à ce que nous consacrons déjà à la ZAD de manière générale (tâches quotidiennes, constructions, réunions…). C’est épuisant et d’autant plus décourageant quand nous découvrons notre impuissance. Mais nous voulons que cela change.

De plus, certaines expériences nous ont mis face à des problèmes toujours plus complexes : comment gérer des agressions et des oppressions qui se superposent, s’entremêlent ? Comment visibiliser une oppression classiste justifiée par une oppression sexiste sans négliger cette dernière ? Certain·e·s de nos allié·e·s de lutte pour l’environnement sont également nos ennemi·e·s de lutte anti-patriarcale, comment gérer cette contradiction ? Comment faire pour accepter le rythme de déconstruction de chacun·e tout en cohabitant sainement ? Comment avoir les moyens de soutenir à notre échelle toutes les personnes qui auraient besoin d’une aide psychologique poussée ? Comment faire quand le mal-être de l’un·e de nous déborde sur les autres ? Comment s’écouter, se préserver, en posant ses limites dans cette lutte quotidienne indispensable mais nécessitant énormément d’énergie ?

Nous avons fait des erreurs et nous tenons à présenter nos excuses aux deux personnes à l’origine de ces témoignages mais aussi à toustes celleux qui ont souffert de notre manque d’écoute, de clairvoyance, de réactivité – bien que la responsabilité ne revienne pas uniquement à nous.
Concernant l’agresseur qui est toujours sur zone, l’histoire est tellement complexe que le dialogue entre zadistes est complètement saturé, beaucoup d’entre nous ont été surmené.e.s par les évènements et ne souhaitent plus avoir à y réfléchir pour l’instant afin de préserver leur santé. Nous ne comprenons pas nous-même tous les éléments qui ont pu mener à une telle impasse.
Le fait que certain.e.s d’entre nous, de la zad, de l’extérieur, des médias, ne fassent pas d’effort pour dépasser une version simpliste des faits et interprètent tout à leur manière ne fait qu’envenimer les choses.
Il va nous falloir du temps pour essayer de construire collectivement de quoi éviter que cette situation ne se reproduise.
Mais curieusement, nous avons le pressentiment que ce seront toujours les mêmes sur zone à se sentir concerné.e.s et à se préoccuper de la sécurité de chacun.e.

Nous faisons donc également appel à toustes celleux allié·e·s de la lutte contre le patriarcat, qui se sentent en capacité physique et psychologique de venir nous soutenir sur la ZAD. Nous avons besoin d’être en nombre pour ne pas être forcé·e·s de vivre sous la domination des mascu, nous avons besoin de montrer que la révolution sera féministe et inclusive ou ne sera pas.

Crève l’image de la ZAD, crève le patriarcat !

*Meufs, Intersexes, Non-binaires, Trans
**Où chacun·e peut se sentir en sécurité physique et psychologique, où les rapports de domination sont suffisamment déconstruits
***Référence symbolique utilisée pour désigner la société capitaliste

Manifestation contre les expulsions – Sam 27/04 – 15h à Nantes !

Les habitant·e·s de la ZAD du Carnet ont été expulsée ce mardi par une armée de plusieurs centaines de Gendarmes Mobiles, tout comme l’ont été celleux de la ZAD de Gonesse ou d’Arlon en Belgique, mais aussi de nombreux squats à Nantes et ailleurs. C’est toujours avec la même violence, sous toutes ses formes, qu’ils tentent d’anéantir et faire taire toute résistance et volonté subversive.


Mais nous n’avons pas l’intention d’arrêter de lutter, bien au contraire! Plus ils nous expulsent, plus nous sommes déterminés et nombreux·ses à s’opposer à leurs projets inutiles et leur vision mortifère du monde!


Une ZAD / un Squat de perdu, c’est dix de retrouvés!


En attendant d’autres aventures à venir au Carnet, rejoignons ce samedi 27 mars la manifestation contre les expulsions à Nantes.


RDV à 15h au Miroir d’eau! (Plus d’infos par ici : https://www.facebook.com/events/474613960227226 )


Nous sommes la Loire qui se défend!