Archives de catégorie : Nouvelles

Nouvelles d’ailleurs : la Zad du Lien est occupée depuis le 6 juin

Près de Montpellier, le dimanche 6 juin soir, des militant.e.s se sont installé.e.s sur le tracé du L.I.EN : l’occupation s’est lancée, une Zad s’est ouverte !

Gros besoins de monde en soutien, de matos et de véhicules, venez filer la main et rencontrer les gens !

Et pour éviter toute confusion, on vous annonce dès à présent que nous allons adopter le nom de Gare aux Garrigues et qu’une nouvelle adresse mail sera lancée très prochainement.

Les dernières nouvelles de la Zad du lien :

SOIRÉE DE SOUTIEN – samedi 19 dès 19h Chez Oit

Une première soirée de soutien à la ZAD-tout-juste-déclarée. Ambiance guiguette festi-engagée => viens avec tes copain.es boire des coups, rencontrer de nouvelles têtes, te mettre à jour sur les actus et apporter… ton soutien 🙂 iels en ont besoin !

19h : Chorale queer de Montpellier
20h : Concert des Saxifrages
(duo poétique, ambiance slam tradi-punk – le fameux groupe du week-end féministe)
22h : DJ.e surprise

Pour aider les copaines installé.e.s, n’hesite pas à venir chargé.e.s de victuailles !
Besoin globalement de tout, mais surtout dans les prochains jours:

  • de quoi bricoler : palettes, matériaux en tout genre, outils, visserie
  • de quoi se protéger du chaud : foulard, vêtements, chapeau, lunette de soleil
  • de quoi dormir bien : tente, moustiquaire, duvet, matelas de sol
  • de quoi vivre bien : bidon d’eau, casseroles, cafetières,
  • de quoi manger l’été : conserves, légumes, thé, café, sucre, charcuterie et friandise (tout ce qui se conserve)
  • et …. des €€€ pour l’antirep ! Et un générateur électrique !

APÉRO-DÉBAT- vendredi 18 à 18h au Château de Grabels
“Les villages périphériques, condamnés à être des cités dortoirs des métropoles ?”

Autour d’un verre de l’amitié musical, suivi de la conférence sur le phénomène de métropolisation et plus précisément sur les enjeux et conséquences du L.I.E.N rd68 et son rôle dans l’extension de Montpellier. Organisé par le SOS Oulala et Grabels en Transition et avec la présence de :

Guillaume Faburel, Professeur d’études urbaines à l’université Lumière Lyon 2,  auteur des Métropoles Barbares (2019) et Pour en finir avec les grandes villes (2020)

Pour suivre l’actualité de la Zad du LIEN, abonnez vous à leur newsletter (zaddulien [at]lists.riseup.net) et vous pouvez également les suivre sur facebook (en attendant qu’ils aient un site web…), ou consulter le site d’infos locales près de Montpellier lepressoir-info.org/ du réseau Mutu.

Interpellation violente d’un militant de Stop Carnet d’une soixantaine d’années

RDV devant le commissariat de Pornic : lundi 7 juin à 16h

La terreur d’Etat monte en puissance au pays de Retz

Nous nous sommes retrouvé.es ce dimanche 6 juin pour une manifestation joyeuse et pacifique autour de la commune de Frossay, pour exiger l’abandon définitif du projet destructeur au Carnet.

Un dispositif démesuré nous attendait sud Loire pour encadrer cette manifestation pourtant jugée “bon enfant” : la zone était cadrillée par les gendarmes de Vue à Saint Brevin…
Tout ça pour 150 personnes qui défilaient dans la joie et la bonne humeur, en chantant.

Alors que la manifestation se dispersait, dans le calme et que les participant.es regagnaient leurs vehicules, cinq fourgons de gendarmerie mobile se sont déployés aux abords de la route, le long du parking.

Les manifestant.es n’osaient pas sortir en sortir en voiture de peur de se retrouver bloque.es ou interpellé.e.s .
Un membre du collectif stop carnet s’est alors avancé pour s’assurer que tout le monde allait pouvoir quitter les lieux sans contrôles. Les gendarmes lui ont affirmé que la voie était libre et lui ont garanti qu’ils n’allaient pas contrôler les personnes présentes.

La voiture qui conduisait ce copain de stop carnet s’est alors engagée et s’est retrouvée bloquée immédiatement par une ligne de gendarmes qui ont immobilisé le véhicule.

Les gendarmes ont ouvert les portes et ont saisi violemment le camarade de Stop Carnet pour l’arracher de la voiture. Ils l’ont plaqué brutalement au sol, lui ont passé les menottes, l’ont traîné sur plusieurs mettre pour le jeter a plat ventre dans une camionnette de gendarmerie, qui s’est empressée de déguerpir sur le champs, alors même qu’il n’était ni attaché ni même assis.

Mais qu’est ce qui justifie l’usage d’une telle violence ?
Qu’est ce qui justifie une interpellation si brutale ?

Le membre du collectif Stop Carnet est toujours en garde a vue a l’heure où nous écrivons ces lignes.

Un médecin a attesté la présence de coups et de blessures sur le prévenu.

Nous dénonçons ce climat de terreur qui règne contre les lanceurs d’alerte et militante.s écologistes au Pays de Retz depuis quelques années et qui ne fait que de semplifier.

Plus d’info a retrouver bientôt !

RDV devant le commissariat de Pornic : lundi 7 juin à 16h

Merci par avance pour votre soutien et votre solidarité.

État policier et justice de classe : un zadiste du Carnet prisonnier politique*

Ce texte est un témoignage de quelques zadistes du Carnet après le procès d’un de leur pote. Il est à partager autant que possible !

Depuis maintenant plus d’un mois, notre ami Pty Loup est en prison. Il a pris 18 mois ferme pour avoir brisé la vitre d’une voiture de la gendarmerie. Plus que l’acte, c’est la personne qui a été jugée, parce qu’elle refuse de correspondre aux critères de bienséance de cette société qu’elle vomit et qu’on vomit aussi d’ailleurs. Avec beaucoup de rage et d’amertume, nous voulons revenir sur son procès et témoigner de la violence répressive qui s’est abattue sur lui et sur celles et ceux qui sont venues le soutenir.

Nous savons depuis longtemps que la Justice et la Police sont les complices d’une même association de malfaiteurs, mais nous sommes quand même choqué.e.s par ce qui s’est passé devant le tribunal de Saint-Nazaire le 12 avril 2021 : procès politique* surveillé et filtré par la police, matraquage, gazage et tabassage gratuit des soutiens.

23 Janvier

Comme toutes les nuits, plusieurs d’entre nous, on se relaie pour faire la vigie à la Guitoune, lieu de vie/barricade d’entrée de la ZAD du Carnet. Pour contextualiser, c’est une période où les keufs viennent souvent, alors on est tou.te.s un peu tendu.e.s. Là, ils sont venus la nuit, en “mission” comme on l’apprendra plus tard par la proc’, pour faire du repérage et prendre quelques photos. Consensus assez global sur zone, on ne laisse pas les keufs approcher trop près et relever les plaques d’immatriculation des voitures des copaines qui ne peuvent pas se garer ailleurs que devant la barricade.

Mais la nuit, quand on n’est pas nombreux.ses, c’est pas si facile de réagir. Tout va un peu vite et notre ami Pty Loup fait fuir les gendarmes en donnant un coup de marteau dans leur voiture, en pétant la vitre au passage. On apprendra plus tard que la personne au volant n’était autre que la commandante de la gendarmerie de Pornic. Les condés ne pourront pas pardonner cet acte de rébellion qui aura remis en cause quelques secondes leur autorité et aura fait fuir une gradée et sa troupe. Et on sait très bien pourquoi. La Police, c’est un système de domination totale qui ne supporte pas être défié, alors même qu’il est tout puissant et que les quelques moments où il semble vaciller sont souvent purement symboliques. En tout cas, une vitre brisée en réaction à une surveillance continue et oppressante, c’est beaucoup trop grave pour eux. Notre ami qui n’avait pas eu le temps de bien se masquer et qui était connu des services de police se fait prendre en photo. Il sera mis sur les fichiers des personnes recherchées.

23-24 Mars

Ça fait deux jours qu’on est au courant qu’on va se faire expulser et on est grave à cran. On avait cherché des solutions depuis plusieurs semaines pour évacuer Pty Loup, mais c’était compliqué, parce qu’il était accompagné de trois chiens. Et puis en vrai il était pas si chaud de partir et de nous laisser. Juste après les expulsions, il a réussi à passer la nuit sur la ZAD sans se faire chopper. C’est le lendemain, alors qu’il avait réussi à quitter la zone, en traversant le bras du Migron, qu’il s’est fait interpelé. Plusieurs d’entre nous, on s’était réfugié à Nantes. La nouvelle nous arrive assez tôt via une soutien : Pty Loup est en train de se faire contrôler par plusieurs fourgons et y a des renforts qui arrivent. On essaye de réagir, d’aller sur place, mais en vrai c’est trop tard.

Pour bien capter les enjeux de son procès qui va suivre, il faut comprendre que c’était sa personne même qui était visée, et non ses actes. Le pouvoir public s’est vanté d’avoir réalisé une expulsion pacifique. Une espèce d’éco-expulsion à l’image de leur projet éco-technologique de merde contre lequel on se mobilisait. Manifestement, il ne fallait pas faire trop de vagues. À part Pty Loup, y a presque pas eu d’interpel’ et les autres gardes-à-vue (GAV) ont été sans suite. Même le pote avec qui il s’est fait attrapé n’a pas été embarqué. Finalement, à cause de son action du 23 janvier, notre pote a pris pour nous tou.te.s. Parce que la Justice cherche toujours à individualiser les peines et les punitions, à trouver les personnes qui méritent le plus d’être sanctionnées. Soit parce qu’ils ou elles sont identifiées comme des têtes pensantes, soit parce qu’ils ou elles sont jugées vraiment trop radical.e.s. Pty Loup a pris pour nous tou.te.s et ça, ça fait mal.

Après une journée en GAV, il passe au tribunal. Il refuse la compa immédiate. Commence alors le réquisitoire de la proc’ qui réclame l’incarcération immédiate en préventive. Et là, il faut dire que c’est difficile de trouver plus représentatif de la justice punitive de classe. Tout y est :
• « Cet individu n’est pas inséré dans la société. »
• « Il n’a pas de logement, mais seulement une adresse où il va chercher son RSA. »
• « Pas de travail non plus. »
• « Il déteste l’État et la Police. »
• « Il a un casier long comme le bras. »

Tout ça justifie, d’après la proc’, la nécessité de l’enfermer. À nouveau, un peu de contexte. On est quelques zadistes dans la salle d’audience, mais y a aussi beaucoup de gendarmes et on les voit sourire puis se foutre de notre gueule pendant le délibéré. C’est vrai que c’est rigolo de voir quelqu’un de « pas inséré » dans la société se faire piétiner, humilier et anéantir par une bourgeoise qui va rentrer chez elle après avoir fini sa journée au boulot, c’est-à-dire après avoir envoyé en zonz’ des gen.te.s qui sont pas des bourgeois.e.s. On se marre bien au tribunal.

Le but, c’est pas de faire dans ce texte une propagande anarchiste, mais quand même, il y a quelques trucs à dire : malgré la pluralité des horizons politiques sur la ZAD, il y avait plusieurs personnes qui n’avaient pas de logement, pas de taf et surtout qui détestaient l’État et la Police. C’était même plutôt revendiqué. Pour certain.e.s par choix, pour d’autres par contrainte, on était plein à pas être inséré.e.s dans la société. Et on a passé du temps, comme sur d’autres lieux d’occupation, à se questionner sur nos rapports à la propriété et au loyer, à l’emploi et au salaire et à essayer d’imaginer d’autres imaginaires. Encore une fois, ça fait mal parce que Pty Loup a pris pour nous tou.te.s et aussi pour nos idéaux.

Après le délibéré, la sanction. Prison préventive jusqu’au procès le 12 avril. Les commentaires de la juge sont pas mieux que ceux de la proc’, même s’ils sont exprimés avec le sourire mielleux de la Justice. « Est-ce que vous fumez vraiment 30 joints par jour ? Vous y voyez encore clair le soir ? ». Nouvelles humiliations, en prétextant de vouloir lui rendre la vie moins difficile en prison. La vie moins difficile en prison ! La bonne blague. Par contre, quand elle demande à Pty Loup s’il pense avoir des problèmes avec les autres détenus au centre pénitentiaire de Nantes et qu’il répond « ça va pas le faire », elle s’en fout complètement, elle lui dit qu’elle a pas compris ce qu’il a dit et elle ne lui donne pas l’occasion de répéter. Merci pour la bienveillance ! Il faut dire que celleux d’entre nous qui étaient déjà dans la salle l’avaient vue juste avant condamner des personnes à du ferme, sans même sourciller, alors que les gens en question éclataient en sanglots en constatant leur vie brisée.

On repart tou.te.s carrément sonné.e.s en se demandant comment on pourrait aider à préparer le procès trois semaines plus tard.

12 Avril

La journée va être longue. La Justice est bien organisée, il y a cinq convocations liées au Carnet le même jour, dont le procès de Pty Loup, à 14h. Avant ça, il y a plusieurs copaines qui passent devant le délégué du proc’ pour d’autres affaires. Du coup, on est plusieurs à se pointer devant le tribunal dès le matin. On le remarque pas tout de suite, même si on s’en doutait, mais il y a des flics en civil qui nous prennent en photo. On se faisait pas trop d’illusions et on savait qu’ils allaient nous faire chier, mais on s’attendait pas à ce qui allait suivre. On s’imaginait quand même que la Police allait faire semblant de ne pas être une milice politique devant un palais de Justice. Parfois, on est naïf.

Le fourgon pénitentiaire arrive. On espère que Pty Loup nous voit derrière les vitres teintées. Nous, on peut pas le voir, alors on crie un peu. On veut rentrer dans la salle d’audience. Normalement, on devrait avoir le droit. Mais bon, on est zadistes et eux, ils ont des excuses bien pratiques avec le COVID. Ils nous ont vu.e.s manger des sandwichs et nous faire des câlins, on n’est pas des personnes assez responsables, clairement ! Pour être sûr qu’on rentre pas, il y a trois flics qui protègent l’entrée du tribunal et qui ne laissent entrer les gen.te.s que s’ils ou elles ont une convocation, ou pas trop une gueule de marginal.e. Et puis, on finit par repérer la banalisée qui nous filme. On n’ose pas trop s’isoler non plus parce qu’un pote a croisé des flics qui lui ont fait un signe amical en passant la main devant le cou, en mode « t’es mort mec ».

L’attente est interminable, et on n’a pas de nouvelles de l’intérieur. Au bout de quelques heures, on a l’info que la délibération est en cours. C’est pas que l’ambiance était cool jusqu’à présent, mais on se met d’un coup à stresser après ce petit rappel à la réalité. La proc’ a demandé deux ans. L’avocat sort enfin, au même moment que le fourgon pénitentiaire. Il a l’air en panique et nous dit qu’on ferait mieux de partir parce que ça risque de chauffer. On imagine le climat qui devait être assez électrique dedans. Il a le temps de nous expliquer en quelques mots ce qu’il s’est passé et il nous annonce la peine. Pty Loup a pris 18 mois ferme. Un an et demi ! Il nous répète que ça va dégénérer et il s’éclipse en s’excusant.

Pendant ce temps, il y a quelques copaines qui ont suivi le fourgon pénitentiaire en criant et en chantant des slogans. C’est là que tout part en vrille. Les keufs en profitent pour prétendre qu’on a attaqué le fourgon, et la BAC déboule avec plein d’autres flics. On n’a pas le temps de capter ce qu’il se passe et on se fait charger. Ils sortent direct les matraques et les gazeuses. Le premier rang se fait tabasser. Une pote est mise à terre et ils la rouent de coup en gazant les autres. Ils continuent de la frapper et ils l’embarquent. On a failli la sortir du truc et empêcher l’interpel’, mais ils ont donné plein de coups et on a lâché. On se disperse trop frustré.es et trop vener.es, parce que là, ça craint.**

Le lendemain, la même proc’ demande six mois ferme pour la pote embarquée. Les charges : outrage et menace de mort. La deuxième est inventée. Finalement, elle prend six mois d’obligation d’insertion dans la société, toujours la même rengaine : avoir un hébergement, chercher un taf et soigner ses addictions. Avec aussi deux ans de mise à l’épreuve. Tout ça pour un outrage. Le message est clair : vous êtes des parasites, votre copain est en prison et vous êtes tou.te.s concerné.e.s et menacé.e.s.

C’est quand même cool de finir sur une note pas trop pessimiste. Pty Loup est vraiment une personne trop chouette. Il a trois chiens dont on essaye de s’occuper et il aime beaucoup en parler. Il a pris trop cher dans la vie à cause de la prison, mais il a toujours en tête, à tout moment, le collectif et les copaines. Il nous a écrit une lettre en nous disant qu’au moins, les gendarmes avaient pas pu relever les plaques d’immatriculation cette nuit du 23 janvier.

Il est d’accord pour qu’on transmette son numéro d’écrou et son identité. C’est le numéro 72420 et il s’appelle Jean Noël Lefèvre, même s’il continue de signer Pty Loup. Si vous voulez lui écrire***, hésitez pas à ajouter une enveloppe timbrée avec une adresse pour qu’il puisse vous répondre.

On a beau être dégouté.e.s, on continue de lutter. Plus que jamais, crève l’État, crève la Prison, crève la Justice et crève la Police. Plus que jamais ils nous méprisent. Plus que jamais on les emmerde et on vise à les détruire.

*On pense que tous les prisonniers et tous les procès sont politiques, mais on veut dire ici que c’est explicitement à cause de ses idées politiques que notre pote a été condamné.

**Voir la vidéo de l’interpellation ici. Cimer aux copaines des invendu.e.s de la ZAD de l’avoir mise en ligne.

*** il est enfermé au centre pénitentiaire de Nantes. l’adresse complète de la maison d’arret c’est centre pénitentiaire de nantes, 2 rue de la mainguais, 44321 nantes

La ZAD du Carnet est toujours là !

Nous avons été expulsé.es de la ZAD du Carnet, 400 hectares de zone humide et sauvage [1], mardi 23 mars dès 5h00 du matin avec une débauche de moyens : 800 gendarmes sur zone et  aux alentours, 3 zodiacs 2 hélicos, 2 blindés…. le tout après un mois de pression psychologique causée par la menace d’expulsion et la présence accrue de gendarmes. 
A la suite de l’évacuation des humain.es, des gendarmes mobiles restent sur zone ainsi qu’une entreprise de sécurité privée pour empêcher une réoccupation. Un tel déploiement de forces policières nous semble être une grotesque mise en scène de la toute puissance de l’état autoritaire, qui vise à décourager par avance la moindre contestation.

Dans ce communiqué nous souhaitons partager notre analyse de la situation entre colère, optimisme et détermination car la lutte pour un Carnet libre et sauvage continue !

Cette expulsion s’inscrit dans un contexte autoritaire 

L’Etat réprime et fiche des militant.es, surveille et contrôle les citoyen.nes aux dépens des libertés individuelles et collectives, qu’il s’agisse d’une menace d’attentat ou d’une crise sanitaire. La législation [2] suit le même mouvement, et donne sur le terrain un pouvoir démesuré aux forces de l’ordre, amoindrissant de plus en plus les différentes formes de mouvements populaires possibles (manifestations, grèves, associations d’aide en tout genre … et ZAD, évidemment)

Pour rappel, voici un petit inventaire des (ré)pressions subies  au Carnet depuis notre arrivée : les amendes, les caméras posées illégalement destinées au fichage massif des opposant.es politiques, les hélicos qui survolent quotidiennement la zone pour nous observer, les zodiacs, la tentative d’homicide (en mettant le feu à un camion avec une personne à l’intérieur) et le tabassage de trois camarades à la barre de fer par des fachos du coin, les interdictions de circuler librement aux alentours et harcèlement policier (notamment pour les riverain.nes), les drônes, les appels à la haine, au meurtre sur les réseaux sociaux, l’acharnement (larmoyant) des maires réactionnaires de la communauté de commune, et une expulsion dans le plus grand des calmes … apparemment ?

La Préfecture revendique une expulsion pacifique, vraiment ?

Non, la préfecture n’est pas subitement devenue magnanime et compréhensive, elle fait simplement de la communication.Ils finissent par comprendre que la stratégie de « désescalade de la violence », toute relative, et du fichage massif  leur permet de médiatiser l’image de la maîtrise extrême du contexte. Et si il n’y a pas de spectacle, il n’y a pas d’images, pas d’indignation, pas de soutien. 

S’il y a eu peu de violences physiques, cette expulsion n’en est pas moins violente et une démonstration de domination inhérente à l’État  :        

Car oui, c’est violent de se faire expulser de son lieu d’habitation, de foutre de façon délibérée des personnes dehors, d’écraser toute contestation et tentative d’altérité, d’imposer des gardes à vue, de priver de liberté des gens qui défendent une zone naturelle et luttent contre la répression à venir … On n’oubliera pas la gestion désastreuse de la crise sanitaire et les répercussions néfastes sur la vie des gens. Ainsi, oui, la violence n’est pas toujours physique. 

Nous, habitant·e·s humain·e·s du Carnet, sommes en colère 

Des copaines ont subi des violences et de la répression, nous avons perdu notre maison, un lieu de vie commun, un des rares espaces où tout est possible et où nous tentons de vivre en accord avec nos valeurs anti-capitaliste, d’autogestion et d’entraide, contre toute forme d’oppressions et de domination.

Nous sommes également choqué.es et tristes que notre lutte, malgré sa légitimité en période de crise sanitaire et écologique [3], provoque autant d’incompréhension et de haine sur les réseaux sociaux et dans les médias. Élu.es et préfecture se vantent d’avoir nettoyé le Carnet, mais le béton du projet industriel aurait eu, lui, un impact irréversible sur le sol et l’environnement qu’il détruit.

On assiste à une criminalisation des luttes écologistes au moment où on en aurait le plus besoin.

Les ZAD de la Colline, Gonesse, Arlon ont été expulsées … , à cela s’ajoute les interdictions notamment des habitats légers, des enseignements alternatifs, des free party ou encore les accusations de terrorisme visant des collectifs libertaires,  rappelant que l’État n’accepte pas de vision différente de la sienne.L’expulsion a d’ailleurs eu lieu le jour du procès de camarades militants ( procès qui consiste à les incriminer d’avoir reçu des coups par une milice de fachos, sous le regard bienveillant des gendarmes, sous prétexte qu’ils devaient s’y attendre) avec des peines encourues importantes. [4]

Pour autant, ce n’est pas une victoire de leur part, d’arriver a plusieurs centaines armés, avec des milliers d’euros d’argent public retiré aux hôpitaux, aux retraites, et aux écoles contre une cinquantaine  de militant.es ayant passé l’hiver dans des cabanes (on sait pas, on sait pas compter). Ce n’est pas une victoire mais une honte. L’État se radicalise et s’enferme dans son dogme ultra libéral, il a choisi ses priorités et objectifs : ce ne sont pas les retraites, la santé, l’hébergement des personnes à la rue, la précarité, l’accueil des réfugiés de guerre et climatique, la sécurité sociale… mais la répression et la défense de l’intérêt du capitalisme et ses privilégié.es.

Ce n’est pas une défaite, car tant qu’on n’a pas perdu, on gagne. 

On ne peut pas en dire autant des élu.es des villes voisines qui ont perdu la ZAD, le projet et dont les villes retrouvent leur anonymat, dans l’ombre de la métropole nantaise. On propose d’ailleurs un suivi psychologique pour les élu.es qui risquent de s’ennuyer et de déprimer sans nous !

La zone n’est toujours pas bétonnée, les élu.es, membres du conseil de surveillance du port, ont reconnu la vacuité du projet, aucune entreprise n’a manifesté d’intérêt pour le projet et les habitant·e·s du coin sont alerté.es sur les impacts et nuisances que nous avons permis d’éviter.

D’ailleurs rappelons que la ZAD n’a pas été expulsée, ce sont ses habitant·e·s humain·e·s qui l’ont été mais la zone humide, les espèces animales et végétales sont toujours là !

Et puis on vous avoue que plus qu’une évacuation, on redoutait la présence des moustiques. Ça tombe à point nommé.

Rappelons aussi ce qu’a permis la ZAD : on a créé des liens et réseaux, on a appris à travers des ateliers, chantiers et discussions, on a partagé de l’amour et des câlins, on s’est bien amusés avec des fêtes à l’image du Carnazad ou de celle du solstice d’hiver.

Maintenant on sait réparer son vélo, sortir du système de justice conventionnelle, faire du pain, chanter, lire collectivement, s’écouter et se réconforter, construire avec n’importe quoi sa propre maison ou des toilettes sèches [5], retransformer les déchets en matériaux, aliments et œuvres d’art, lire l’heure avec le soleil, grimper aux arbres, survivre au froid …

La vie sur ZAD n’est pas parfaite, nous n’avons pas choisi d’y vivre par plaisir mais par nécessité, pour protéger ce qui peut encore l’être. La vie collective peut être intense de bien des façons, il est important de le rappeler. [6]Pour autant, on vous encourage à venir les rejoindre  ou en créer vers chez vous , on y vit des expériences épanouissantes et rigolotes, qui nous rendent plus vivant.es. 

On remercie tou.tes celles et ceux qui font la lutte : gens de passage et moins de passages, soutiens et camarades de Stop Carnet et des collectifs de soutien pour leur participation à ce premier round de lutte contre le projet du Grand Port !

merci pour les nouvelles barricades (la déco laisse à désirer, mais on s’en occupera), elles nous seront bien utiles pour la suite!

Tant qu’il y aura des projets inutiles et mortifères, il y aura des ZAD et des zadistes pour les faire vivre !

Car s’il n’y a plus de projet actuellement, il n’est que suspendu  et non pas annulé. Le grand port a demandé des inventaires naturalistes cet été, pour relancer le projet dans  un an ou deux ! La lutte continue et nous invitons citoyen·ne·s et militant·e·s de tous horizons à ne plus être conciliant.es et dans le compromis avec les destructeurs de la nature et à nous rejoindre ici et ailleurs !

En ce qui concerne la lutte au Carnet, un week-end de mobilisation festif et familial pour enterrer le projet du Grand Port est prévu en mai, les infos seront disponibles bientôt sur notre site et les réseaux sociaux !

D’ailleurs la saison 2 [des zads], c’est toujours la meilleure ! 

On a caressé l’utopie, ça nous suffit pour lutter !

Allez sans rancune acab, pas bisou


[1] https://stopcarnet.fr/le-projet-du-grand-port/la-loire-en-danger-le-carnet-un-site-naturel-a-proteger/
[2] https://www.laquadrature.net/2020/10/29/loi-securite-globale-surveillance-generalisee-des-manifestations/
[3] https://www.lemonde.fr/planete/article/2017/11/13/quinze-mille-scientifiques-alertent-sur-l-etat-de-la-planete_5214199_3244.html
[4] https://terres-communes.zici.fr/surfpark-proces-du-23-mars-envers-des-militant-e-s-pourtant-victimes-dune-expulsion-milicienne-bientot-limpunite-dactes-miliciens-en-france/
[5] https://zadducarnet.org/index.php/2021/01/25/retour-en-photos-du-chantier-collectif-des-23-24-janvier/
[6] https://zadducarnet.org/index.php/2021/04/01/zad-et-violences-patriarcales/

ZAD et violences patriarcales

Voilà une publication qui aurait dû sortir il y a environ une semaine ; l’expulsion de la ZAD ayant tout bousculé, nous avons décidé de la mettre tout de même sur le site même si le contexte de l’occupation sur zone n’est plus d’actualité.

Ce texte est l’expression des personnes MINT* présentes lors de sa conception. Le groupe est mouvant selon les jours, accueille régulièrement des nouvelleaux… nous avons donc essayé de concilier nos points de vue à un instant donné, ce texte en est le reflet et ne représente personne d’autre que nous-même.

Plusieurs agressions sexuelles ont eu lieu sur la ZAD depuis le début de la lutte. Cela a même commencé dès les premiers jours lors du festival du 29 et 30 août 2020. Parceque nous ne l’avons encore jamais évoqué sur le site du Carnet alors que visibiliser ces agressions au lieu d’en faire des tabous sont la première étape pour lutter contre, nous voulons en parler maintenant.

Nous vous invitons tout d’abord à prendre connaissance de ces deux témoignages que la ZAD a eu bien du mal à assumer et n’a donc pas jusqu’ici relayé. Attention, certains passages pourraient heurter la sensibilité de certain·e·s :

La manière dont la ZAD est médiatisée est très binaire, car la lutte est également médiatique et cela nous oppose naturellement à l’image diabolique présentée par les merdias conventionnels. Ainsi, pour nous défendre auprès de l’opinion public, nous avons pris l’habitude de ne mentionner presque que les aspects jouant en notre faveur. Cela pose un grave problème d’idéalisation de la ZAD pour celleux qui n’y ont jamais vécu. Alors nous voulons parler de la réalité pour ce qui est des violences sexuelles et patriarcales sur zone et c’est avec rage que nous vous avouons qu’il n’est pas possible de garantir la sécurité physique et psychologique de chacun·e. Les oppressions liées au genre sont même quotidiennes. Sexisme ordinaire, paternalisme, transphobie… Malgré nos efforts, la ZAD est loin d’être un lieu « safe »** et cela oblige les personnes oppressées à éviter certains lieux, certaines personnes, et même à s’auto-exclure de la zone. Comme partout en société, à la différence qu’à Babylone*** ce genre de problème est silencié.

Nous venons d’ailleurs toustes de cette société que nous rejetons, ce qui signifie que nous avons encore des mécanismes, des réflexes, qui ne sont pas encore déconstruits. Cela demande des années, une vie, des générations. La ZAD est par ailleurs un lieu où toutes les origines, les classes sociales, les horizons, sont brassés ; nos habitudes sont différentes, nos languages sont différents, nos fonctionnements sont différents. Notre quotidien est donc emprunt de bouscumements dans nos façons de faire et de penser, de débats, d’inconforts, de dominations, de violences, parceque nous nous confrontons les un·e·s aux autres.
Nous ne sommes pas parfait·e·s dans nos agissements, nous faisons de notre mieux pour nous adapter et inventer des solutions pour cohabiter.

Nous avons donc mis en place depuis plusieurs mois des espaces en non-mixité, espaces de paroles, d’actions et d’expressions, ainsi qu’un lieu de vie avec une cabane. Cela nous demande du temps et de l’énergie supplémentaire à ce que nous consacrons déjà à la ZAD de manière générale (tâches quotidiennes, constructions, réunions…). C’est épuisant et d’autant plus décourageant quand nous découvrons notre impuissance. Mais nous voulons que cela change.

De plus, certaines expériences nous ont mis face à des problèmes toujours plus complexes : comment gérer des agressions et des oppressions qui se superposent, s’entremêlent ? Comment visibiliser une oppression classiste justifiée par une oppression sexiste sans négliger cette dernière ? Certain·e·s de nos allié·e·s de lutte pour l’environnement sont également nos ennemi·e·s de lutte anti-patriarcale, comment gérer cette contradiction ? Comment faire pour accepter le rythme de déconstruction de chacun·e tout en cohabitant sainement ? Comment avoir les moyens de soutenir à notre échelle toutes les personnes qui auraient besoin d’une aide psychologique poussée ? Comment faire quand le mal-être de l’un·e de nous déborde sur les autres ? Comment s’écouter, se préserver, en posant ses limites dans cette lutte quotidienne indispensable mais nécessitant énormément d’énergie ?

Nous avons fait des erreurs et nous tenons à présenter nos excuses aux deux personnes à l’origine de ces témoignages mais aussi à toustes celleux qui ont souffert de notre manque d’écoute, de clairvoyance, de réactivité – bien que la responsabilité ne revienne pas uniquement à nous.
Concernant l’agresseur qui est toujours sur zone, l’histoire est tellement complexe que le dialogue entre zadistes est complètement saturé, beaucoup d’entre nous ont été surmené.e.s par les évènements et ne souhaitent plus avoir à y réfléchir pour l’instant afin de préserver leur santé. Nous ne comprenons pas nous-même tous les éléments qui ont pu mener à une telle impasse.
Le fait que certain.e.s d’entre nous, de la zad, de l’extérieur, des médias, ne fassent pas d’effort pour dépasser une version simpliste des faits et interprètent tout à leur manière ne fait qu’envenimer les choses.
Il va nous falloir du temps pour essayer de construire collectivement de quoi éviter que cette situation ne se reproduise.
Mais curieusement, nous avons le pressentiment que ce seront toujours les mêmes sur zone à se sentir concerné.e.s et à se préoccuper de la sécurité de chacun.e.

Nous faisons donc également appel à toustes celleux allié·e·s de la lutte contre le patriarcat, qui se sentent en capacité physique et psychologique de venir nous soutenir sur la ZAD. Nous avons besoin d’être en nombre pour ne pas être forcé·e·s de vivre sous la domination des mascu, nous avons besoin de montrer que la révolution sera féministe et inclusive ou ne sera pas.

Crève l’image de la ZAD, crève le patriarcat !

*Meufs, Intersexes, Non-binaires, Trans
**Où chacun·e peut se sentir en sécurité physique et psychologique, où les rapports de domination sont suffisamment déconstruits
***Référence symbolique utilisée pour désigner la société capitaliste

Risque d’expulsion dès cette nuit au Carnet!!

Risque d’expulsion dès cette nuit !!

De nouveaux signaux confirment les craintes. Des unités de gm seraient bien arrivées dans le coin et leur hiérarchie se retrouvait à nantes cette après midi.

Préparez vous à venir en soutien dès que vous le pouvez, ce soir ou dès demain matin aux aurore soutenir les copaines, et dénoncer l’expulsion.
Pour venir en groupe sil y a expulsion, les soutiens peuvent se retrouver à la place de l’eglise de paimboeuf, celle frossay ou celle de st viaud et partir en groupe afin de ne pas etre seul et agir en groupe.

Cette expulsion risque detre un moment important pour bcp de celleux qui ont vecu sur zone pendant les 6 derniers mois. Elle interviendrait par ailleurs en pleine période de reproduction des grenouilles et crapauds de la zone, et en période de nidification de nombreux oiseaux de l’île.
L’Etat veut reprendre le controle de cette zone libre, mais la zad a bloqué les travaux, ouvert plein de reflexions et tissée plein de liens. Ce n’est pas en brulant nos cabanes qu’ils la détruiront. Soyons soudé.es, nombreux.ses, attentif.ves à chacun chacun.es quoi qu’il arrive pour défendre cette zone de vie libre et sauvage qui doit le rester.

Soyons un maximum à leur crier fort C’EST NOUS QU’ON VOUS EXPULSE, à leur lancer paillettes contre leurs pelleteuses, à défendre le Carnet jusqu’au bout, avec ses habitant.e.s humaines et non humaines! Plus nous serons nombreuses à les ralentir, plus nous leur coûteront cher et plus les ZADs pourront fleurir ici et ailleurs.

Nous sommes interlopes libres, sauvages, et révolté.es !
Nous sommes la loire qui se défend !

Risque d’expulsion imminent!

⚠️Alerte au Carnet⚠️

Plusieurs sources nous laissent à penser que l’expulsion est peut être pour cette semaine !!

Des infos nous sont parvenues de déplacements d’unités de gendarmerie mobile de départements voisins pour cette semaine au carnet qui nous font craindre une expulsion cette semaine sans en être totalement certain.es.

Evidemment si vous avez des infos plus précises et de sources sures, vous pouvez nous les communiquer sur le fil d’info signal (anonyme et chiffré) ou par email : zadducarnet@riseup.net

En attendant, n’hésitez pas à venir sur place rejoindre la résistance si vous en avez la possibilité, que ce soit en première ligne ou bien pour la logistique, la cuisine, apporter un peu de réconfort! Vous pouvez aussi organiser des rassemblements ou actions par chez vous !

Nous sommes la Loire qui se défend!

Pour rejoindre la zone, toutes les infos par ici : https://zadducarnet.org/index.php/venir-nous-rejoindre et nous recommandons d’être autonome au possible niveau matos (lunettes, masques, malox)