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Quiz juridique de la Zad du Carnet

Pour améliorer la défense collective et individuelle, il est très important de bien connaître ses droits. Ce quiz permet de vous familiariser avec certaines informations importantes en cas de garde à vue ou de contrôle routier. Pour répondre à ces questions, n’hésitez pas à développer votre pensée car la réponse est souvent plus complexe qu’un simple oui ou un simple non.

Le quiz est pensé pour des personnes ayant déjà lu quelques ressources sur la garde à vue comme le manuel de survie en garde à vue. On vous invite à le lire avant d’essayer de répondre aux questions pour vous familiariser avec les notions de garde à vue, de comparution immédiate et de garanties de représentations.

Liste de questions

Q1 : Quels sont les éléments à donner quand des forces de l’ordre te demandent ton identité ?

Q2 : En garde à vue, qui décide de la prolongation de la garde à vue de 24h à 48h ?

Q3 : Sur la base de quels éléments cette prolongation est-elle décidée ?

Q4 : Qui décide si une personne en garde à vue va passer en comparution immédiate ou non ?

Q5 : Pourquoi refuser la comparution immédiate ?

Q6 : En cas de refus de comparution immédiate, qui décide de la mise en détention provisoire ou d’un contrôle judiciaire en attendant le procès ?

Q7 : Quand est-on certain.e que l’on va passer en comparution immédiate ? Peut-on le savoir avant de manière sûre ?

Q8 : A quel moment peut-on désigner un autre avocat que l’avocat commis d’office pour nous représenter à la comparution immédiate ?

Q9 : Les policiers peuvent-ils te prendre en photo sans ton accord ?

Q10 : A-t-on le droit de refuser une perquisition ?

Q11 : La personne dont l’habitation est perquisitionnée est-elle obligée d’être présente pour que la perquisition ait lieu ?

Q12 : Combien de temps ont les forces de l’ordre pour montrer la réquisition de fouille d’un véhicule ?

Q13 : Les forces de l’ordre ont-elles le droit de fouiller un véhicule sans une réquisition de fouille de véhicules ?

Q14 : Lors d’un contrôle d’identité ou d’une garde à vue, les policiers ont-ils le droit de prendre en photo des personnes sans leur accord ?

Q15 : Que risques-tu si tu refuses de donner tes empreintes et de te laisser prendre en photo lors d’un contrôle d’identité ou d’une garde à vue ?

Q16 : Est-on obligé de donner son code pin de téléphone si des policiers nous le demandent ? Quels sont les risques si l’on refuse ?

Q17 : A quoi servent les garanties de représentation et quand sont-elles utiles ?

Q18 : Donner quatre exemples de garanties de représentation.

Q19 : Si ton portable est avec toi et que tu es interpellé.e, à quelles informations auront accès les forces de l’ordre ? Y a-t-il des choses dangereuses dedans ?

Q20 : Si les forces de l’ordre vous demandent votre ADN et que vous refusez, que risquez vous ?

Q21 : Quels sont les risques juridiques d’établir une fausse déclaration d’hébergement ou d’en utiliser une ?

Q22 : Quels sont les avantages à ne rien déclarer en garde à vue lors des procès-verbaux d’audition ?

Q23 : Que risque-t-on en cas de refus de décliner son identité quand les forces de l’ordre nous le demandent ?

Q24 : Que risque-t-on si l’on donne une identité imaginaire ou si on usurpe l’identité d’une personne existante ?

Q25 : Est-ce un délit de ne pas avoir de pièces d’identité sur soi ?

Q26 : Comment les flics procèdent-ils pour vérifier si une identité est imaginaire ?

Q27 : Peut-on refuser dans toutes les situations la signalétique, c’est-à-dire les photos et les empreintes ?

Quelques éléments de réponses

Ces réponses sont loin d’être parfaites, on vous conseille de vous renseigner par vous-mêmes en consultant des brochures d’auto-défense juridiques ou des livres à ce sujet. Quelques références nous semblent importantes pour bien comprendre la répression politique d’une part et l’autodéfense juridique d’autre part :

Q1 : Quels sont les éléments à donner quand des forces de l’ordre te demandent ton identité ?

On a l’obligation de donner si on nous le demande : nom et prénom, date et lieu de naissance. Une identité consiste en 4 éléments : nom, prénom, date et lieu de naissance. Ces éléments doivent par exemple figurer sur une attestation d’hébergement.

Q2 : En garde à vue, qui décide de la prolongation de la garde à vue de 24h à 48h ?

C’est le procureur qui décide de la prolongation de la garde à vue. Un flic vous annoncant que vous allez être prolongé ment probablement pour vous mettre la pression : il ne peut pas connaître l’avis du procureur avant que celui-ci le prenne.

Q3 : Sur la base de quels éléments cette prolongation est-elle décidée ?

Le procureur est souvent dans un bureau loin des cellules de garde à vue. Il a accès aux éléments du dossier c’est-à-dire au procès-verbal d’interpellation, aux pièces que les flics ont déjà pu collecter pour appuyer les charges retenues contre vous (témoignages, photos, vidéos), aux procès-verbaux des auditions que vous avez effectuées en garde à vue ainsi qu’aux remarques des flics sur votre comportement en garde à vue.

Q4 : Qui décide si une personne en garde à vue va passer en comparution immédiate ou non ?

C’est encore une fois le procureur qui décide de cela.

Q5 : Pourquoi refuser la comparution immédiate ?

On refuse la comparution immédiate pour avoir le temps de préparer sa défense. Lors de la sortie de la garde à vue, les seules pièces du dossier sont souvent celles des flics qui sont à charge. Le fait de ne pas avoir eu le temps de préparer sa défense fait que les peines décidées en comparution immédiates sont souvent très lourdes. La procédure de comparution immédiate est considérée par beaucoup de personnes comme une forme de justice expéditive qui ne respecte pas les droits de la défense.

Q6 : En cas de refus de comparution immédiate, qui décide de la mise en détention provisoire ou d’un contrôle judiciaire en attendant le procès ?

C’est le juge qui décide de cela. Ce n’est ni le procureur ni les flics.

Q7 : Quand est-on certain.e que l’on va passer en comparution immédiate ? Peut-on le savoir avant de manière sûre ?

On sait qu’on va passer en comparution immédiate quand le procureur nous le dit directement ou quand on est amené aux geôles du tribunal. Ce sont les seuls moyens d’en être certain.e, les flics mentent souvent en garde à vue à ce sujet pour mettre la pression.

Q8 : A quel moment peut-on désigner un autre avocat que l’avocat commis d’office pour nous représenter à la comparution immédiate ?

Quand le procureur nous notifie que l’on va passer en comparution immédiate, on peut désigner un autre avocat en donnant son nom et son barreau. Si cet avocat est présent et qu’il accepte, ce sera lui qui vous défendra lors de votre comparution immédiate.

Q9 : Les policiers peuvent-ils te prendre en photo sans ton accord ?

Non les flics ne peuvent pas te contraindre à être pris en phot. Ils le font souvent ou le tentent souvent sans votre accord ou discrètement. Il est important de refuser systématiquement si l’on ne souhaite pas que les flics vous prennent en photo.

Q10 : A-t-on le droit de refuser une perquisition ?

Cela dépend des perquisitions mais souvent on ne peut pas refuser (en cas de flagrant délit ou d’instruction). En cas d’enquête préliminaire, on peut refuser la perquisition et les flics demandent de faire signer un papier les autorisant à perquisitionner.

Q11 : La personne dont l’habitation est perquisitionnée est-elle obligée d’être présente pour que la perquisition ait lieu ?

Non. Si l’habitant.e n’est pas là, deux témoins sur place peuvent être désigné.es par l’officier de police judiciaire pour l’accompagner. Ces témoins ne sont pas obligés de répondre aux questions.

Q12 : Combien de temps ont les forces de l’ordre pour montrer la réquisition de fouille d’un véhicule ?

Les forces de l’ordre disposent d’un délai de 30 minutes pour montrer le papier de réquisition de fouille. Ce délai passé, on est en droit de repartir sans que la fouille n’ait été effectuée.

Q13 : Les forces de l’ordre ont-elles le droit de fouiller un véhicule sans une réquisition de fouille de véhicules ?

Oui en cas de flagrant délit ou si l’on accepte la fouille. Il est donc important de demander à voir ce papier.

Q14 : Lors d’un contrôle d’identité ou d’une garde à vue, les policiers ont-ils le droit de prendre en photo des personnes sans leur accord ?

Non, tu ne peux pas être contraint à donner tes empreintes ou à te laisser être pris en photo. Les flics essaient souvent de le faire sans ton consentement ou sans te prévenir que tu peux refuser. Il est important de signaler oralement et clairement son refus quand on constate que les flics essaient de vous prendre en photo.

Q15 : Que risques-tu si tu refuses de donner tes empreintes et de te laisser prendre en photo lors d’un contrôle d’identité ou d’une garde à vue ?

Si tu refuses, les flics ne peuvent pas te contraindre mais tu commets alors un délit punissable au maximum de 3 mois d’emprisonnement et 3 750 euros d’amendes.

Q16 : Est-on obligé de donner son code pin de téléphone si des policiers nous le demandent ? Quels sont les risques si l’on refuse ?

Non, on pourra consulter un article publié sur le réseau Mutu à ce sujet, il suffit de garder le silence face à cette question. On est par contre obligé de le faire si une autorité judiciaire le demande par exemple un juge.

Q17 : A quoi servent les garanties de représentation et quand sont-elles utiles ?

Elles servent à éviter des contrôles judiciaires trop stricts et de la détention provisoire quand on refuse la comparution immédiate.

Q18 : Donner quatre exemples de garanties de représentation.

Photocopie d’une pièce d’identité (la plus importante des garanties), attestation d’hébergement ou preuve de domicile (quittance de loyer, facture EDF, etc.) , fiche de paye, contrat de travail, promesse d’embauche, attestation CAF, RSA ou pôle emploi, inscription à une formation, preuve d’une activité culturelle ou associative, témoignage de moralité, etc.

Faites attention à l’attestation d’hébergement. Pour être sûr.e qu’elle soit acceptée, il faut 4 documents : les photocopies des pièces d’identité de la personne qui est herbergée, de celle qui héberge, la feuille signée attestant l’hébergement et une preuve de domicile de la personne qui héberge (facture d’électricité, d’eau, quittance de loyer, etc.).

Q19 : Si ton portable est avec toi et que tu es interpellé.e, à quelles informations auront accès les forces de l’ordre ? Y a-t-il des choses dangereuses dedans ?

Les flics ont les moyens techniques de prendre tout le contenu d’un téléphone. Cela inclue tout les historiques de vos applications (Signal, application de navigation GPS, etc.), vos SMS, vos photos avec heure et lieu de prise de photos, etc.

Q20 : Si les forces de l’ordre vous demandent votre ADN et que vous refusez, que risquez vous ?

La peine maximale est de un an de prison et 15000 euros d’amende. Dans les faits, il y a la moitié du temps acquittement si l’on décide de se battre en justice à ce sujet. La France a été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour atteinte à la vie privée via le fichage ADN en 2017.

Q21 : Quels sont les risques juridiques d’établir une fausse déclaration d’hébergement ou d’en utiliser une ?

Faire une fausse attestation d’hébergement n’est pas considéré comme un “faux et usage de faux” qui serait puni au maximum de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Il s’agit seulement d’une fausse attestation qui est punie au maximum par un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende pour la personne qui fabrique la fausse attestation ainsi que la personne qui l’utilise.

Q23 : Que risque-t-on en cas de refus de décliner son identité quand les forces de l’ordre nous le demandent ?

Refuser de décliner son identité ne constitue pas un délit mais les forces de l’ordre vous amèneront probablement en vérification d’identité (durée maximale de 4h) et demanderont probablement alors de donner vos empreintes et de vous laisser prendre en photo. Refuser la signalétique est un délit puni d’une peine maximale de 3 mois d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende.

Q22 : Quels sont les avantages à ne rien déclarer en garde à vue lors des procès-verbaux d’audition ?

Lors d’une audition de garde à vue, on n’a pas accès aux pièces du dossier par les flics. On va peut-être s’auto-incriminer si l’on parle ou incriminer d’autres personnes. On ne peut pas revenir sur ce qui a été déclaré en garde à vue lors d’un procès ultérieur. Les aveux constituent une pièce majeure d’une procédure judiciaire.

En garde à vue, on n’est pas en état psychologique de préparer une défense judiciaire, il vaut mieux attendre d’avoir rencontré un avocat à tête reposée en ayant consulté le dossier contre soi pour effectuer des déclarations devant un juge. Le droit au silence et à ne pas s’auto-incriminer est fondamental dans la législation francaise : un juge ne vous reprochera pas de n’avoir rien déclaré en garde à vue. Vous pourrez lors de votre procès choisir de répondre aux questions et cela aura peu d’incidence sur votre défense.

Mais attention, ne rien déclarer, c’est répondre à toutes les questions “je n’ai rien à déclarer” ou tout simplement ne rien dire et rester silencieux.se. Répondre “non” à une question c’est déjà déclarer quelque chose. Un exemple : à la question “connaissez vous la personne sur cette photo?”, si vous dites “non”, vous déclarez que vous ne la connaissez pas (et les flics pourront prouver ensuite que vous mentez si vous la connaissez), alors que dire “je n’ai rien à déclarer” vous laisse la possibilité de temporiser, c’est-à-dire de choisir plus tard quelle réponse vous souhaitez donner à cette question.

Q24 : Que risque-t-on si l’on donne une identité imaginaire ou si on usurpe l’identité d’une personne existante ?

Utiliser une identité imaginaire est un délit punissable d’une peine maximale de 7 500 euros d’amende. Usurper une identité d’une personne existante est un délit punissable de cinq ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende.

Q25 : Est-ce un délit de ne pas avoir de pièces d’identité sur soi ?

Non, cela ne constitue pas un délit. On peut cependant être amené en procédure de vérification d’identité (durée maximale 4h). Les flics peuvent alors vous demander vos empreintes digitales et d’être pris.e en photo et refuser constitue un délit punissable au maximum de 3 mois d’emprisonnement et 3750 euros d’amende.

Q26 : Comment les flics procèdent-ils pour vérifier si une identité est imaginaire ?

Les flics ont accès aux fichiers des permis de conduire et aux fichiers de police qui se sont constitués lors de procédures policières avant (vérification d’identité, garde à vue, etc.). Ils peuvent essayer de faire de la reconnaissance faciale s’ils ont votre photo dans leurs fichiers ou de recouper les fichiers d’empreinte digitale s’ils ont vos empreintes et que vous acceptez de vous faire prendre en photo ou de donner vos empreintes. Ils peuvent aussi appeler votre mairie de naissance pour vérifier si votre acte de naissance existe. Nous ne connaissons pas l’intégralité des techniques des flics pour vérifier si une identité est imaginaire ou pas et sommes intéressé.es si vous avez des informations à ce sujet. Pour les personnes intéressées, on pourra consulter la brochure La folle envie de tout contrôler par la Caisse de Solidarité de Lyon.

Q27 : Peut-on refuser dans toutes les situations la signalétique, c’est-à-dire les photos et les empreintes ?

Non, les flics peuvent te contraindre à donner tes empreintes et tes photos lorsque tu es mis en détention (qu’elle soit provisoire suite à une comparution immédiate ou une peine de prison ferme).

Pour toutes remarques ou questions concernant ce questionnaire, n’hésitez pas à nous contacter à legal_carnet[at]riseup.net.

Illustration : Photo trouvée dans l’état des lieux de la répression à Bure.

Format pdf des questions et des réponses :

Personne recherchée

L’anonymat nous protège toustes (relativement)

L’anonymat, pourquoi est-ce si important pour moi, et pour les autres ? Face à l’offensive généralisée du gouvernement contre l’opposition politique et les récents décrets généralisant la surveillance des militant·es, il est plus que jamais nécessaire de rappeler quelques fondamentaux en matière de sécurité.

L’idée de ce texte nous est venue suite à plusieurs événements qui ont révélé une certaine méconnaissance de la culture de sécurité. Il y a quelques mois avait lieu un événement public sur la ZAD du Carnet, au cours duquel de nombreuses personnes extérieures étaient venues aider pour les chantiers, ou simplement pour visiter les lieux. C’est à la fin du weekend qu’une copaine découvrit avec stupeur qu’une personne, non étrangère à la ZAD et ses codes, paradait sur les réseaux sociaux en affichant clairement son visage, son nom et le lieu dans lequel elle se trouvait. Contactée par la suite, elle justifia son geste par le fait qu’elle ne mettait personne d’autre en danger qu’elle. Il y a quelques semaines, une camarade nous fit part de son désir de laisser tomber son identité fictive au profit de son identit
é réelle. La semaine dernière on découvrait les papiers d’une copaine, en évidence dans un lieu collectif très fréquenté de la ZAD. L’intéressée avait disparue et n’était pas joignable. Les anecdotes de ce genre ne manquent pas. On ne le répétera jamais assez : l’anonymat, c’est important. Pour soi, et pour les autres. Tentons ici d’expliquer pourquoi.

Tout d’abord, coupons court au discours qui persécute l’anonymat et encourage à clamer haut et bien fort son identité. Ce discours est habituellement tenu par les chef·fes, politicien·nes et personnalités médiatiques. En bref, les personnes de pouvoir qui ne connaissent que de très loin la répression et les risques qu’encourent les opposantes politiques. Parler et agir publiquement, sans couverture, est un privilège. On peut très bien appartenir à la classe dominante et faire jouer ce privilège en faveur de la lutte, mais ayons conscience que beaucoup n’ont pas cette chance. Les mouvements de désobéissance civile le savent bien et usent de ce privilège à des fins stratégiques. Il n’y a aucune vision stratégique dans le fait de laisser traîner ces affaires ou de faire le kéké sur Instagram.

Pour la grande majorité des opposant·es politiques, agir sans couverture est un danger. Dans cet excellent article la Quadrature du Net revient sur les trois derniers décrets en matière de « sécurité publique » et leurs implications pour les militant·es. Pour résumer grossièrement, le fichage des opposant·es politique est étendu et automatisé. Un·e militant·e aura droit à sa fiche si on peut prouver des liens avec des « groupements », comme les ZAD ou les manifestations, quand bien même iel n’aurait rien fait d’illégal. Ce fichage pourra être automatiquement complété par les informations trouvées sur les réseaux sociaux ou des prises de vue aérienne par drone. Dorénavant, un simple passeport qui traîne et vous voilà aussitôt dans les fichiers de renseignement de la gendarmerie. En effet, nous avons de fortes chances de penser que des indicateurs nous côtoient quotidiennement pour informer les services de renseignements.

Vous n’avez rien à cacher ? Pour vous convaincre du contraire, n’hésitez pas à visionner l’excellent TED talk de Glenn Greenwald sur l’importance de la vie privée. Sachez que même si vous êtes irréprochable aux yeux de l’État aujourd’hui, cela pourrait vous retomber dessus à l’avenir. On retiendra le célèbre adage : « être contre la vie privée sous prétexte qu’on n’a rien à cacher a autant de sens qu’être contre la liberté d’expression sous prétexte qu’on a rien à dire ». En outre, sachez que votre posture morale ne vous protégera pas. L’État vous traquera, non pas parce que vous êtes une mauvaise personne, mais parce que vous menacez ses intérêts.

Enfin, se moquer éperdument de l’anonymat est une démarche égoïste qui fait peser un risque non négligeable sur le collectif. En révélant publiquement votre identité, vous vous transformez en cible pour d’éventuels indics. En effet, le dernier décret relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique autorise le fichage de personnes appartenant à l’entourage de la personne ciblée. Se faisant vous vous mettez en danger, mais vous mettez également en danger votre entourage (famille, copaines militantes, etc.). L’anonymat est garant d’une sécurité relative, qui permet de se faire confiance mutuellement et de ne pas tomber dans un climat de paranoïa généralisée.

En résumé, range tes papiers, garde-les sur toi ou trouve-toi une planque, utilise un blase et n’agit publiquement à visage découvert que dans le cadre d’une stratégie collective.

Personne n’est parfait, et commet des erreurs. La sécurité et l’anonymat ne sont jamais acquis, et jamais atteints. C’est un effort, un horizon. L’anonymat ne suffit pas mais il est nécessaire. C’est en le respectant du mieux qu’on peut que l’on minimisera les risques de surveillance et de répression. Si tu ne le fais pas pour toi (mais tu devrais, vraiment), fais-le pour les autres.

Appel à soutien aux soignant·e·s !

Nous sommes habitant·e·s de la ZAD du Carnet depuis 3 mois où nous défendons le Carnet contre la bétonisation et y construisons lieux de vie et résistance.

Nous souhaitons inventer d’autres manières de vivre / s’organiser collectivement où l’entraide et l’échange remplacent les échanges marchands.

Nous sommes un petit groupe à réfléchir à la question du bien-être et de la santé physique et psy sur la zad du carnet afin notamment de passer l’hiver en bonne santé et de pouvoir continuer à militer dans la durée.

Un psychologue et une ostéopathe sont déjà venu·e·s procurer bénévolement des soins à des habitant·e·s de la zad au cours d’une demi-journée (merci à elleux) cela a été très apprécié par les personnes qui en ont bénéficié. C’est une manière de plus de soutenir la lutte et sa pérennité.

Ainsi nous recherchons ostéopathes, psychologues, médecins, sophrologues, vétérinaires… qui voudraient proposer des soins bénévolement (ou sous forme d’échange non monétaire) de temps en temps sur la zad pour permettre aux zadistes d’accéder à des séances de soin régulièrement et à davantage de personnes d’en bénéficier.

Cela peut être une fois, occasionnellement ou de manière régulière, à la zad ou au sein de votre cabinet, selon vos envies et vos disponibilités !

Si cette forme d’engagement vous parle, n’hésitez pas à nous contacter par mail à zadducarnet@riseup.net pour en discuter !

Douar ha Frankiz soutient la Zad du Carnet

Nous sommes heureux·ses et fièr·es d’être soutenu·es par Douar ha Frankiz, organisation indépendantiste bretonne de gauche. Nous rêvons comme elleux d’une Bretagne belle et sauvage où la nature n’est pas détruite depuis les bureaux de multinationales mais bien préservée par des populations locales. Nous revendiquons ensemble des terres libres, où la culture et la vie rurale priment sur l’économie.

Vive le Carnet, vive la Bretagne, vivent l’anarchie et l’autogestion.

Salud deoc’h. Kas a ran deoc’h ur boltred bet tennet gant mignon.ez.ed eus talbenn an Haleg, e ZAD ar C’harned, e Liger-atlantel. Goulenn a reomp ganeoc’h lakaat anezhi da dreiñ war ar rouedadoù, marplij. E talbenn an Haleg e bev breizh.adezed.idi a galon, c’hoant ganto deskiñ, gwareziñ ar yezh hag ar vro diouzh ar gevalaourien o tistruj kement an natur hag ar sevenadur. Deuit d’hor wellet, da veviñ ha da brederiañ war bed an dazont ganeomp. 
Kenavo ha kalon deoc’h.

Hélicoptères : la gendarmerie ne compte pas pour surveiller la Zad

Depuis septembre 2020, on ne compte plus les survols d’hélicoptères de la gendarmerie de la Zad du Carnet.

En septembre, l’hélicoptère survolait en moyenne une fois par jour la Zad. En octobre et novembre, le rythme a un peu baissé avec 3-4 survols par semaine.

Un article du Figaro nous apprend que la gendarmerie avait dépensé 21 millions d’euros par an pour le maintien en condition opérationnelle des hélicoptères de la gendarmerie et que ces derniers avaient effectué 19300 heures de vol. Soit un coût moyen de plus de 1000 euros pour chaque heure de vol d’hélicoptère.

Avec une bonne cinquantaine de passages (et on compte la moyenne basse) d’une quarantaine de minutes pour faire l’aller-retour depuis Saint-Nazaire et surveiller la zone, un calcul rapide assure que la gendarmerie a dépensé au bas mot 40 000 euros depuis septembre.

Nous essayerons à l’avenir d’actualiser chaque mois le nombre de passages d’hélicoptères ainsi que les horaires de passages.

Image : Hélicoptère de secours de la gendarmerie française en action sur le Massif du Sancy par Fabien1309

La gendarmerie de Pornic veut visiter la Zad

Ce matin, aux alentours de 10h15, une quinzaine de gendarmes (deux camionnettes et une voiture banalisée) ainsi qu’un drone sont passés à la Zad du Carnet. Ils ont filmé avec leurs caméras portatives tout le long de leur passage. Un hélicoptère est passé au-dessus de la zone à peu près à la même heure.

Ils auraient vu le panneau « Promenade ouverte » à l’entrée de la Zad et voulaient profiter d’une balade sur zone par ce jour de beau soleil. Ils n’ont pas pu rentrer sur le site malgré leur insistance et sont repartis après une trentaine de minutes.

La gendarmerie de Pornic a été contactée récemment par une journaliste du média en ligne Reporterre pour s’expliquer sur la présence de gendarmes lors d’un épandage de boues toxiques sur le site du Carnet le 28 août. Pour plus d’informations à ce sujet, on pourra lire l’article que nous avons publié ainsi que l’article de Reporterre. Est-ce que les gendarmes de Pornic cherchent à se venger en mettant la pression à la Zad ?

Zad calme ce 16/10

Après l’alerte hier soir liée à la peur d’une expulsion, ce vendredi 16 octobre s’est révélé très calme. Par exemple aucun hélicoptère n’a survolu la zone aujourd’hui.

Nous espérons que le week-end de chantier des 17-18 octobre le sera tout autant et que beaucoup de gens viendront nous rendre visite pendant les vacances de la Toussaint !

EXPULSION en cours au Village du Peuple !

Cette ancienne ferme qui était le lieu de vie d’une famille pendant près de 2 ans, base arrière des Gilets Jaunes pendant la mobilisation sur le rond point de Donges, puis devenu ces derniers mois lieu de vie en lutte contre l’industrialisation de l’estuaire vit aujourd’hui ses dernières heures… Il est encore temps de rejoindre les copaines sur place pour les soutenir !

Depuis près de deux semaines et l’échéance d’expulsion délivrée par le tribunal pour le 6 octobre, des énergies venu.es des quatre coin de la France occupaient ce lieu pour résister à son accaparement par les politiques autoritaires d’aménagement.

Depuis 8h ce matin, des centaines de gendarmes mobiles quadrillent la zone. La pression policière se fait sentir jusqu’au Carnet en face, comme au pont de Saint-Nazaire côté rive gauche.

À 9h30, les tractopelles et camions de déménagement rejoignent les fourgons de police, et se préparent à entrer en action dès que la voie sera libre.. En parallèle une vingtaine de gendarmes rentrent dans l’enceinte du Village par l’arrière sans confrontation. Le rapport de force est totalement déséquilibré…

À 11h30 des copaines montaient sur le toit de la maison. Iels sont toujours en train de se faire déloger…

La casse du village a commencé…

Comment soutenir les copaines ?

➡️ RDV toute la journée proche du lieu dit la petite lande à Donges. Le numéro pour obtenir les infos pratiques si vous voulez rejoindre la zone est le +33 7 51 48 15 37

➡️ RDV à 18h au rond point du mean à Saint Nazaire pour le blocage du pont !

➡️ RDV à tout moment sur la ZAD du Carnet en cas de menace d’expulsion ces prochains jours !

Avec les expulsions de cette semaine, de squat à Nantes, de la commune de Rezé ainsi que la ZAD de Roybon hier, le gouvernement souhaite réprimer en masse tout mouvement d’occupation et de résistance militante. En ville comme à la campagne ce sont les politiques de bétonisation, de gentrification, de précarisation et de répression qui règnent, il y a urgence à les stopper !

Nous luttons à plusieurs collectifs et individu-e-s pour un Estuaire libéré de l’industrialisation, de leurs projets détruisant notre avenir commun, cf la déclaration commune de l’estuaire de la Loire : https://zadducarnet.org/…/declaration-commune-de…

Face au recul massif de toutes nos libertés, aux violences d’Etat, à ses dérives sécuritaires et autoritaires : la résistance se joue ici et maintenant ! Il est encore temps d’agir ! Nous comptons sur votre soutien pour rejoindre les résistances ou les soutenir de tous les moyens que vous pouvez (soutien matériel, financier,..) !

La solidarité est notre arme, NOUS SOMMES LA LOIRE QUI SE DÉFEND !

Retour rapide sur le chantier collectif du 9-10 octobre

Sur un week-end, nous avons bien avancé sur une cabane collective de 35m2 en plein milieu de la zone ! On a fini le plancher, la charpente, les murs (avec baies vitrées) et on a commencé la volige et le bardage. Bientôt nous ferons des chantiers terre-paille pour faire l’isolation et nous ferons la toiture (probablement en tôles). N’hésitez pas à passer la voir 🙂

Voici une photo :

Faible présence policière à la Zad du Carnet

Depuis début octobre, on nous signale beaucoup moins de points de contrôle de gendarmerie et aucune fouille de véhicule.

Attention cependant, les informations sur la page A lire avant de venir sont toujours d’actualités : la zone autour de la Zad du Carnet est toujours interdite à la circulation et au stationnement sauf riverains et on nous signale encore des amendes pour stationnement interdit.

De plus, les contrôles d’identité faits par les gendarmes s’accompagnent parfois de tests salivaires et/ou de tests d’alcoolémie, faites donc attention.

L’hélicoptère continue de survoler la zone environ une fois par jour ainsi que de nombreux ULM possiblement équipés de caméras. La legal team conseille donc de cacher son visage le plus souvent possible quand l’on se trouve sur zone afin de compliquer le travail des services de renseignement.