Archives de catégorie : Carnet magique

Théorie de la galette

À toi poète du bitume, à la 8,6 facile
Nous sommes des galettes de récup’
Ramassées à Saint-Michel
Toutes chaudes, sorties de l’usine
Entassées dans les poubelles
Triées à la volée, nous avons été jetées
Trop cuites, trop molles
Nous n’avons pas été gardées
Qu’elle est belle, cette diversité
De galettes s’entassant dans nos paniers
Nous avons quitté le moule
Nous étions différentes
Trop noires, trop dures
Nous ne connaîtrons ni le plastique, ni le carton
Dans des cagettes en bois,
On nous emmena au Migron
Partagez, mélangez, savourez !
Les galettes de la liberté
Sorties des bennes un jour férié
Remises au goût du jour
Après avoir quitté le four
Nous ne reverrons pas nos sœurs confinées
Dans les rayons des supermarchés
Maintenant nous faisons le bonheur
Des Terres et du Carnet
Nous avons vu les ânes
Nous avons vu les champs
Nous nous sommes serrées,
Entre pièces rejetées
Nous avons fait connaissance
Trop fades, trop grosses
Nous nous sommes aimées
Nous resterons au Carnet

Ma colère suite à l’expulsion du Village Du Peuple, témoignage.

Lorsque je suis revenu.e sur les ruines du village le lendemain de sa démolition, j’ai eu du mal à reconnaitre les lieux qui m’avaient servi de refuge ces trois dernières semaines. Du four à pain, vestige de la modeste paysannerie qui habitait là il y a encore peu, il ne restait que quelques briques intactes. La magnifique grange où tant de rencontres se sont tissées était devenue un immense tas de pierres. Idem pour la maison qui abritait nos douces soirées au coin du feu. Une quantité tellement impressionnante de pierres que j’avais du mal à réaliser comment un tel édifice avait été bâti à la main, en 1720. Ensevelie la montagne de vêtements dont la distribution animait le village tous les mercredis. Ensevelis tous les ustensiles de cuisines patiemment accumulés pour permettre les week-ends porte-ouverte qui s’y étaient tenus. Seuls des souvenirs ressurgissent de ce triste tas de gravats. Alors, une colère monte en moi. Une colère calme, froide, puissante, effrayante. Le genre de colère qui fait que tu sais que ta vie ne sera plus jamais comme avant.

C’est devant ces ruines qui s’étendent à perte de vue sous mes pieds que je prends conscience de la violence implacable du système. Je me dis, ils sont prêts à tout pour museler toute insurrection à venir, quitte à raser des bâtiments historiques, quitte à expulser des dizaines de personnes précaires ; ce sont des détails qui ne les affectent pas. Je me pensais écologiste et je croyais cette cause fédératrice au-delà des clivages sociaux habituels. Je me rends compte qu’ils sont prêts à tout pour garder le contrôle, et surtout, ne pas nous laisser expérimenter autre chose. La violence qui les anime est immense, mais souvent invisible. Elle se matérialise aujourd’hui sous mes yeux qui se referment, tristes.

Idée recette

La salade verte du Carnet

1) Prenez une bel le tranche de marais, de Loire de préférence.
2) Mettez la main dessus afin d’être sûr qu’el le ne vous échappe pas
3) Ajoutez-y une bonne dose de projet pré-mâché pour les industriels (si possible fortement inutile).
4) Faites revenir les décideurs à grand feu, jusqu’à ce qu’ils soient bien gril lés.
5) Incorporez les bleus en neige (la légèreté de leurs esprits aide à digérer le plat).
6) Battez les éléments naturels et/ou perturbateurs jusqu’à ce qu’ils se rendent.
7) Saupoudrez généreusement d’ hypocrisie régurgitée.
8) Versez (sans honte) une bonne louchée de sauce verte pour camoufler le tout.

Et voilà, le tour est joué! OU PAS…

Le Carnet a besoin de vous: rejoignez nous! ZAD PARTOUT!
Giu (20/09/2020)

(NB: cette recette se sert avec une pince à linge sur le nez…)

Carnet de chants

Emmenez-moi

Emmenez-moi en tête de cortège, là où les pavés tombent comme de la neige,
Il me semble que la misère, mérite qu’on exprime notre colère,
Emmenez-moi en tête de cortège, là où les parapluies noirs nous protègent,
Il me semble que l’injustice demande d’affronter la police.

Dans les champs, où la fatigue et le poids nous courbent le dos,
Dans les quartiers, où les armes et les lois nous tiennent à carreau,
Dans les usines et les boîtes où toujours des tyrans
nous usent, nous exploitent, tout en nous menaçant
du chômage,
Et quand nous sommes sans travail et que nous chapardons,
Qu’on nous traite de canaille et que nous finissons
dans une cage.
Dans les écoles et les hôpitaux, où nous sommes précaires,
nous sommes toutes dans le même bateau, la même galère.

Emmenez-moi en tête de cortège, là où les pavés tombent comme de la neige,
Il me semble que la misère, mérite qu’on exprime notre colère,
Emmenez-moi en tête de cortège, là où les parapluies noirs nous protègent,
Il me semble que l’injustice demande d’affronter la police.

Dans les bars, au fond de la salle, avec les copains,
Quand on parle de notre idéal, un verre à la main,
Je rêve d’un monde nouveau affranchi des patrons
Se servant sur le dos des plus faibles maillons
du système.
Un monde où les propriétaires se feraient expulser,
Où les sœurs et les frères pourraient donc se loger
sans problème.
Les bars ferment alors je me dis que tout n’est pas perdu
Mais que pour vivre cette utopie faudra sortir dans la rue.

Emmenez-moi en tête de cortège, là où les pavés tombent comme de la neige,
Il me semble que la misère, mérite qu’on exprime notre colère,
Emmenez-moi en tête de cortège, là où les parapluies noirs nous protègent,
Il me semble que l’injustice demande d’affronter la police.

Schlagnavour


Ne m’expulse pas (sur l’air de Ne me quitte pas)

Ne m’expulse pas, faut pas oublier,
Les potes embarquées, qui s’enfuient déjà
Vers la liberté, loin des gardes-à-vue,
Loin du temps perdu. Faut pas pardonner
Les bonimenteurs, qui endorment toujours
La pauvre bassecour en lui faisant peur.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Moi je caillaisserai ton fourgon blindé
Avec des pavés lourds de mes révoltes.
J’défendrai la Terre jusqu’après ma mort,
J’écrirai encore des chants libertaires.
Et sans se soumettre, on fera un endroit
pour vivre sans loi, sans dieu et sans maître.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Ne m’expulse pas, ouvre un peu les yeux
Sous ton armure bleue qu’est-ce que tu fous là,
Armé jusqu’aux cheveux à leur obéir,
à nous matraquer et à tout détruire,
Reprends tes grenades, allez casse-toi,
Sur ma barricade, j’ai pas peur de toi.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

On a vu souvent, rejaillir le feu,
Avec seulement, un molo ou deux.
Il est paraît-il, des ZAD expulsées,
Qu’on r’tourne occuper, sans être dociles.
Et dans nos espoirs, et dans nos combats,
Le rouge et le noir, ne s’épousent-ils pas ?
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Yach Braille


Cadavre exquis

Le long de la route des Terres à la Saule on passe par
Le sommet des hautes herbes, entre les gouttes de rosée
Et la peste des bords du village nous rappelle à continuer notre route
Aucun doute nous sommes animés par la détermination
Et constamment prenons part à l’action
Nous sommes accompagné.e.s par le son des sabots de Martine et Yoyo
Ce chemin où se croisent tant de Mondes
Flics, habitants, touristes, zadistes, agriculteurs et chasseurs, cette même merde où les extrêmes s’entrecroisent, le partager de gré ou de FORCE.
L’âne-archie vous emporte


Carnet magique

Voici quelques textes qui feront partie du fanzine de la zad, le Carnet magique, en avant-première.

Sur la barricade

6H du mat’ sur la barricade du Saule, l’heure des flics mais rien à l’horizon.
Rien sauf les lumières de ville dont je ne connais pas les noms.
Celles qui, éclairant le ciel comme le soleil levant, m’ont donné le faux espoir de voir la lueur du jour en montant sur la vigie.
Alors, j’attends.
J’attends la venue du soleil.
J’attends en écrivant dans le vent.
J’attends confortablement posé sur cette vigie-palette de fortune, bercé par le Saule au rythme des courants d’air.
J’attends de potentiels gyrophares, une alerte au talkie, un·e messagèr·e essouflé.e avec de mauvaises nouvelles.
PAN ! PAN !     PAN! PAN !      4 morts ?
J’attends avec les coups de feu des chasseurs en arrière-plan.
J’attends que 300 copaines débarquent : ” Salut, on vient aider à construire la zone. On a 100 camions de palettes, de tôles et de bâches, de quoi tenir 6 mois en bouffe et on est disponibles pour les 6 prochaines années.”
J’attends pensant à la cabane qu’on construit pour l’hiver et les innondations.
J’attends et je m’ennuie, un ennui serein et pensif, calme et méditatif. Le temps passe vite quand on vit pleinement.
J’attends, je pense, j’écris et j’imagine avec dépit que j’aurais pu rester devant mon ordi à attendre l’annonce du désastre, à regarder des inconnu·es tenter de sauver nos existences, à me morfondre dans un ennui torturé en cherchant une vidéo youtube qui donnerait un sens à mon existence.
PAN ! Pan ! Pan.
Et pendant ce temps les oiseaux ont commencé à chanter, des voitures ont démarré, un copaine s’est levé. Le ciel m’offre un dégradé du bleu foncé à l’orangé, la Loire son reflet.
Les feuilles se mettent à scintiller et le chemin de la Saule apparait, comme éclairé par sa flore.

Le soleil s’est levé, mon tour de garde est terminé.

Skyland

Ici c’est Skyland. Dans un monde où la terre a explosé seules quelques îles survivent, vivent en autarcie et résistent encore face à l’oppression des puissants.


La Saule au Monde s’autossuffit grâce à la serre qui fournit des denrées alimentaires extraordinaires venant de partout et de nulle part, et se fournit en éléctricité grâce à l’éolienne en bois. Les plantes qui pendent dans les pots sont des filles de l’air et n’ont besoin ni d’eau ni de terre. Les feuilles des arbres et le compost servent comme terreau pour faire pousser les plantes et les légumes.


Il y a un poste de garde à la tourelle, un filet pour ne pas tomber du hamac et toute l’île est troglodyte. Il y a le petit olivier, le grand Saule, un pêcher et deux chênes. La photosynthèse produite par les arbres suffit à pouvoir respirer et l’eau de pluie est récupérée et filtrée, donc potable. Mais dans ce monde qui parait si beau et paisible, il y a quand même quelques problèmes: l’oppression est grande et les derniers militant·es doivent se cacher ou plier face aux puissants qui veulent construire une grande métropôle de béton qui flotte aussi, et veulent tout robotiser et instaurer un climat de régime totalitaire ultra strict, et qui ont construit une prison pour enfermer tout les derniers resistants. La plus grande menace constituée est donc BABYLONE, la prison du monde du futur.
acab cependant

Un poème

Les prêtres ne seront prêtres qu’en paroles
On fera de la bière sans alcool
On pendra les amoureux pas les hérétiques
Toute loi sera juste
Fini les dettes pour les pauvres et les moins pauvres
Fini les pick pockets dans la foule
Les putes et les macs construiront des églises
Alors grande confusion
Au royaume d’Albion
Ce temps viendra
Et qui vivra verra
Que pour marcher
On peut aller
A pied.

Le vent

Le vent est un déplacement de l’atmosphère, une agitation de l’air. Il modifie, modélise l’environnement : le vent, c’est le changement.

Elle nous surprend, cette brise douce qui nous séduit et qui, d’un coup, s’engouffre dans nos têtes pour balayer tous nos acquis. Où sommes-nous atterri·es ? Est-ce l’utopie ou son mirage ? Tout chavire depuis cette grande balançoire, les couleurs et les sourires sur les visages. Les questions viennent avec le tournis. Le vent se lève, le vent exulte, et emporte avec lui ce qui est encombrant. C’est instable ici, ça tient en équilibre – mais ça tient, bon sang !

Parce que nos fondations ne sont autres que les oiseaux, les roseaux, le ciel et les flots ;

Parce que nos murs et nos toits sont le parfum du pain grillé, l’émulation des chantiers, les notes de guitare et les conversations au creux de l’oreiller ;

Parce que l’âtre flamboyant est l’étreinte de tous les jours, celle qui efface les frontières entre le merci, le je t’aime et le bonjour. Et c’est quand la nuit tombe qu’on voit les flammes infernales là-bas ; comme une brûlure qui se ravive, on se rappelle que l’autre rive est bétonnée et que la vie ne tient qu’à un fil – celui de notre volonté.

Alors vas-y, élève la voix, joint ton souffle à celui du vent, aligne ta respiration sur celle, battante, de la Loire qui se défend ;

Si le vent souffle, c’est pour tourner…

Des terres à la zad

Dans un lieu où une heure peut durer une journée, deux kilomètres semblent être un océan à traverser. On a l’impression que deux réalités différentes se superposent, que deux manières de vivre se séparent. Les priorités ne sont pas tout à fait les mêmes et ne peuvent pas l’être quand d’un côté on peut se reposer sur un terrain prêté et que de l’autre, la vigie toute la nuit fatigue les esprits.

Mais tout ça, c’est bien sur complètement faux ! C’est les mêmes espoirs qui nous habitent à chaque extrémité de la route. Celui de voir ce projet de béton couler dans l’eau en emportant avec lui tout ce qui nous donne la rage et tout ce contre quoi on se bat. Cet espoir qui nous pousse à venir vivre sous des tentes, dans la boue, avec des moustiques, dans une zone inondable, harcelé·es par les keufs, menacé·es par les chasseurs et balayé·es par des tempêtes. Et qui nous pousse à prendre des risques pour notre propre liberté. Un espoir magnifique, qui redonne un peu de confiance en ce qui nous entoure.

Finalement, même si deux kilomètres nous séparent, on est deux facettes d’une même réalité qui s’exprime. Ce qui empêche ces deux facettes de se dissocier, c’est les liens qu’on entretient et qui sont plus profonds que n’importe où ailleurs, c’est le sourire d’une copaine qui nous prend dans ses bras comme si on ne s’était pas vu depuis un an alors qu’on a veillé ensemble quelques heures plus tôt.

C’est à force de traverser cette route que s’inscrit dans nos corps l’existence de ces liens. La route, on l’a peut être faite mille fois déjà et de toutes les manières que l’on pouvait imaginer. En voiture ou en cametar, tout droit jusqu’au bout pour se manier, ou en passant par la Pabus’ pour éviter les contrôles. A pied, déguisé.es en touristes, même si ça n’a jamais marché, ou bien en mode furtif prèt·es à se jeter dans un buisson dès qu’une bagnole passe. En vélo surtout, la nuit, le jour, tranquillement ou à fond, avec le soleil qui nous réchauffe ou en pleine tempête et qu’il faut se dépêcher parce qu’on a promis qu’on faisait la vigie à P1. Même avec un âne, on l’a traversée. Et à chaque fois qu’on la traverse, on est heureux.ses de retrouver les copaines.

Entretien avec une zadiste

20 septembre à 14h30

J’arrive à un lieu de vie. Ici l’ambiance est calme et sérieuse : pas de portables dans le lieu. Autour du feu, sous une bâche, quelques personnes préparent une salade concombre/pommes/poires/piment/curry/paprika, une recette soit-disant péruvienne. C’est étonnamment plutôt bon. Pendant ce temps, l’eau finit de bouillir sur le feu. Le reste du menu : pâtes-emmental. On sent la fatigue de 3 semaines d’occupation peser un peu partout.

Au programme de la journée de repos : cuisine-vaisselle-musique-discussions & vigie.

Quelqu’une accepte de répondre à quelques questions pour l’automédia de la zad.

Question : Comment tu te sens après 3 semaines d’occupation ?

Réponse : Enthousiaste et fatiguée. Fatiguée car il reste plein de choses à faire et enthousiaste car déjà plein de choses se sont faites !

Q: Qu’est ce qui te fait apprécier d’habiter sur zone ?

R: Je dirais que le mot qui décrit le mieux ce qu’on vit c’est intensité. Intensité du temps : les journées sont hyper denses et passent très vite. Intensité des relations et des rencontres aussi. J’ai rencontré et revu pas mal de gens ici. Le simple fait d’être présent.es ensemble sur une zone d’occupation, de partager une certaine vision donne lieu à des rapports assez fusionnels.

Q: Tu as déjà été à des zad en campagne ? Est-ce que les expériences sont similaires ?

R: Oui, c’était contre des projets différents mais l’intensité est similaire. Ce qui compte sur ces lieux, c’est qu’on combat le capitalisme qui se montre sous diverses formes.

Q: Ca t’a fait du bien d’être içi ?

R: C’est vital. On a l’impression de travailler, pas au sens productiviste mais avec un travail agréable. On réfléchit, on bâtit, on apprend. Je pense que ce qui nous pousse, notre moteur, c’est notre vision de la société. Il y a beaucoup d’adversités : on essaie de développer de nouvelles formes qu’on façonne et partage. Evidemment, ce qu’on fait est loin d’être parfait, mais on choisit ce qu’on fait et on essaie de s’améliorer.

Q: Tu es sur un lieu avec peu d’approvisionnement, est ce que c’est difficile ?

R: Ici, on est pas autonome, c’est la galère. On dort encore à la belle étoile mais j’apprécie le peu de confort de ce lieu de vie. Le manque d’autonomie en eau rend beaucoup de choses compliquées comme la vaisselle. On doit faire des km pour récupérer des bidons d’eau qu’on transporte à vélo, c’est une grosse mission. On se laisse vite dépasser du coup. En plus, je suis un peu maniaque ce qui n’arrange pas les choses ! Mais tout ça, ça soude le groupe : c’est des galères qu’on partage ensemble. La précarité c’est relou mais quand on la partage avec d’autres, ça partage à une certainse intensité dans nos relations. Quelque part, le fait de ne pas être confortable rend les relations plus vraies.

Q : De quoi as tu peur et qu’espères-tu ?

R: J’espère qu’il y aura du monde, que ça va durer, qu’on tiendra !J’espère qu’on arrivera à améliorer la communication entre nous et qu’on reste assez fort.es pour continuer à lutter contre le système et empêcher que cette zone soit bétonnée !