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Retour en photos du chantier collectif des 23-24 janvier

Merci à toutes les personnes venues sur zone pour visiter, bricoler, cuisiner, dormir, s’amuser, etc… Les chantiers ont bien avancé ! Voici quelques photos !

Un nouveau four à pain !
Un infokiosques bien fourni dans le Vortex
La hutte en bambous et roseaux a avancé de manière impressionnante ce week-end !
Le toit est encore à finir 🙂
Un nouvel angle de vue
La cabane de P1 a été isolée ce week-end !
Facade ouest de la cabane de P1
Nouveau plancher dans une cuisine régulièrement inondée
Coucou !
Malgré quelques averses, il faisait plutôt beau ce week-end

Crédits des images : CC-BY-SA 4.0 Zad du Carnet

Si vous avez des jolies photos ou des textes de retour du week-end, n’hésitez pas à nous les partager (en indiquant si vous voulez être crédité.e pour les photos), nous les publierons peut-être :).

Nouveaux couplets dans le carnet de chants !

En direct de la Zad du Carnet, Ne m’expulse pas de Yach Braille sur l’air de Ne me quitte pas ; Emmenez-moi en tête de cortège de Schlagnavour sur l’air de Emmenez moi ; La manif qui redémarre sur l’air de la Chenille ! Bientôt les audios ?

Ne m’expulse pas

Ne m’expulse pas, faut pas oublier
Les potes embarqué.e.s, qui s’enfuient déjà,
Vers la liberté, loin des gardes à vue,
Loin du temps perdu. Faut pas pardonner
Les bonnimenteurs qui endorment toujours
La pauvre basse-cour, en lui faisant peur.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Moi je caillaisserai tes fourgons blindés,
avec des pavés, lourds de mes révoltes.
J’défendrai la terre, jusqu’après ma mort,
J’écrirai encore des chants libertaires.
Et sans se soumettre, on f’ra un endroit,
Pour vivre sans loi, sans dieu et sans maître.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Ne m’expulse pas, ouvre bien tes yeux,
Sous ton armure bleue, qu’est-ce que tu fous là,
Armé jusqu’aux ch’veux, à leur obéir,
À nous matraquer, et à tout détuire ?
Reprends tes grenades, allez casse-toi,
Sur ma baricade, j’ai pas peur de toi.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

On a vu souvent rejaillir le feu,
Avec seulement un molo ou deux.
Il est paraît-il, des ZADs expulsées
Qu’on r’vient occuper sans être docile.
Et dans nos espoirs et dans nos combats,
Le rouge et le noir ne s’épousent-ils pas ?
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Ne m’expulse pas, Je n’veux plus pleurer
Devant ton armée et tous ses soldats.
J’ai trop regardé vos méchants sourires,
J’ai trop écouté vos sirènes rugir.
Que tu l’veuilles ou pas, je serai ton ombre
Qui te poursuivrai jusque dans ta tombe.
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas,
Ne m’expulse pas, ne m’expulse pas.

Emmenez-moi

1er couplet

Dans les champs, où la fatigue et le poids
nous courbent le dos.
Dans les quartiers où les armes et les lois
nous font nous tenir à carreau.
Dans les usines et les boîtes
où toujours les tyrans
nous usent et nous exploitent
tout en nous menaçant
du chômage.
Et quand nous sommes sans travail
et que nous chapardons
qu’on nous traite de canaille
et que nous finissons
dans une cage.

Dans les écoles et les hôpitaux,
où nous sommes précaires.
Nous sommes toustes dans le même bateau,
dans la même galère !

Refrain

Emmenez-moi en tête de cortège,
là où les pavés tombent comme de la neige.
Il me semble que la misère
demande qu’on exprime sa colère !
Emmenez-moi en tête de cortège,
là où les parapluies noirs nous protègent.
Il me semble que l’injustice
demande d’affronter la police !

2ème couplet

Dans les bars, au fond de la salle,
avec les copaines.
Quand on parle de notre idéal,
De nos joies de nos peines.
J’imagine un monde nouveau
affranchi des patrons
qui se servent sur le dos
des plus faibles maillons
du système.
Un monde où les propriétaires
se feraient dégager
où les soeurs et les frères
pourraient donc se loger
sans problème.

Puis les bars ferment et alors je me dis
que tout n’est pas perdu,
mais que pour vivre cette utopie,
il faut sortir dans la rue !

Refrain

3ème couplet

Un beau jour sur un bateau pirate,
Hissant l’pavillon noir,
J’partirai dans la nuit écarlate
Où tremperont nos espoirs.

Affrontant souvent des tempêtes,
Écrasées par le vent,
Nous relèverons la tête
Face aux chefs dominant
À voix haute.
Toujours prêtes à nous mutiner
Pour que sur le navire
Nous puissions exister,
Vivre libre et mourir
Côte-à-côtes.

Comme faisaient les anciens équipages
Qui parcouraient les mers.
Nous répandrons dans notre sillage
Nos idées libertaires.

Refrain

La manif’ qui redémarre (sur l’air de la chenille)

I – Un syndicat qui s’tient sage

Prend ton drapeau d’la CGT,
Va à la manif déclarée.
Rejoins tes frères et tes soeurs,
Mais la manif’ s’ra pas à l’heure.

Derrière le camion d’la sono,
On écoute du Manu Chao,
Et on se dit qu’on lâche rien,
Sûr qu’avec ça on ira loin !

Les médias disent qu’on est 1100.
En vrai on est 5500.
On nous a r’tiré tous nos droits,
Mais en discutant ça ira.

Gazage devant la préfecture,
Il faudrait pas trop que ça dure.
Pendant qu’les casseurs lances des pierres,
Nous on ira boire quelques bières.

II – Black Plouc (punk)

Une fois les syndicats partis
Peuvent commencer les chamailleries,
Prends ton marteau ton k-way noir,
C’est la manif’ qui redémarre.

Dès la première sommation,
On fait le plein de munitions :
Toutes les poubelles de verre y passent,
Toutes les barrières toutes les caillasses.

Il faut sortir de la matrice.
Lance un bon gros feu d’artifice !
Y a des slogans dans tous les sens,
Un coup ça crie, un coup ça lance.

Ils ont jeté des lacrymos
Tiens ton binôme par le dos.
Dégaine vite ton parapluie,
Et une bonne dose de sérum-phy.

La BAC de Rennes est de sortie,
J’espère que t’as des garanties.
Allez vas-t’en dépêche toi,
Ils t’ont déjà pointé du doigt.

III – Chat et souris (bossa)

T’es partie dans les petites rues,
T’en profites pour changer de tenue.
T’évites la nasse de justesse,
Franchement c’est une jolie prouesse.

Mais y a la CDI qu’arrive
Matraques prêtes, caméras actives.
Un pote va se faire embarquer,
Pas l’choix il faut y retourner.

IV – Méta Cagoule (jazz-punk)

Prends ton drakkar et ta lance,
C’est la manif’ qui recommence.
Gandalf arrive en soutien,
Il porte un bonnet péruvien.

200 ninjas crachent du feu
Pour briser la ligne de baqueux,
300 sorcières super vener’
Chassent les GMs le poing en l’air.

Mickeal nous fait un p’tit moonwalk,
Et les ewoks dansent un bal folk.
Ça permet de faire diversion
Pour la prochaine apparition.

Hey c’est Zidane qui s’élance !
Coup d’boule dans le drapeau d’la France !
Les journalistes d’lundi matin
Filment la scène en maillot d’bain.

De la Loire sortent par millier
Des canards et des oreillers.
Méga-bataille de polochon,
Pour finir d’régler la question ! Et fêter la révolution !

Le schlag concept

Certains n’y voient qu’une preuve de la décadence, la paresse et l’encrassement généralisé que représente la ZAD dans leur esprit. Le lien étant vite établi entre l’espèce du zadiste de base et la caste des chômeurs pouilleux, c’est tout naturellement que surgit le mot « schlag », qui désigne habituellement une loque humaine – à savoir un individu louche, sale, pauvre et mal famé. Mais la schlaguerie est bien plus grandiose ! C’est une véritable tendance, qui se cultive …

« Ah, tu te zadifies ! » ; combien de fois par jour entend t-on cette expression bénie marquant le fameux rite de passage à l’état zadiste de la chose ? C’est à dire le moment où la couleur des chaussures s’uniformise à celle de la gadoue, où l’on accepte enfin que la vaisselle ne sera jamais faite et qu’on devient expert dans la maîtrise du freinage de vélo sans frein. On adopte la schlag attitude. On renonce au monde de l’ordre, de la propreté et du rangement, illusion d’une société nette et harmonieuse.

On choisit l’esthétique du sauvage, de la pagaille ; peu à peu les espaces se transforment, l’air lui-même se zadifie. Par le refus d’un ordre préconçu de l’univers où chaque chose a une place et un rôle bien défini, on réinvente le quotidien. La discipline exercée ordinairement sur les objets pour qu’ils correspondent à nos attentes se change en un acharnement collectif pour les faire parler. Par une multitude d’initiatives créatives individuelles, tout se dérègle, les idées saugrenues s’additionnent, dialoguent en différé : l’autogestion devient une pratique artistique. Ce qui est cassé n’est pas réparable car ce qui répare est cassé aussi, et puis on manque de matos et on ne manque pas de flemme, alors on bricole avec ce qu’on a sous la main sans se préoccuper du résultat. Rien ne convient, ça se recassera la figure, mais tant que ça tient, ça tient ! Peut-être que c’est aussi l’effet que ça fait de construire en sachant que tout sera bien plus vite détruit.

Le concept de la schlaguerie, c’est crier « tant pis » pour se mettre à chérir l’imperfection et cultiver l’étrange. C’est aimer être hilare devant une chaise, une peluche ou un parapluie. C’est se dire qu’il n’y a ni urgence, ni sérieux, ni souci.

Et si le schlag, c’était laisser un peu de place à la vie ?

Poème sur la Zad

Ce poème a été écrit par C. qui a passé un court séjour à la Zad du Carnet. Il a été publié aussi sur le site du collectif des folles alliées.

Illes sont les zadistes du Carnet

Bourgeons d’utopie
Sur une terre battue par les vents
Se levant face aux puissants
Hameau de nouvelle vie

Baignée d’une forte énergie de terre
Gaïa avance dignement
Bercée par le chant
De ces quelques libertaires

Ici la vie te prend à la gorge
Elle te défie fièrement
Mais ici, on la défend
Et c’est elle qui te forge

Venus de tous les horizons
Illes sont là, bien présents
Debout face au ventIlles brandissent leurs convictions
Illes défendent un autre monde

Respectueux du vivant
Anarchiste et résilient,
Chimère réelle et vagabonde.

Illes sont les défenseurs du marais
Illes sont les zadistes du Carnet

Des photos de la tour champignon

Une nouvelle construction s’est installée sur la Zad. Merci à toustes celleux qui se sont investi·es dans ce chantier et voici des photos pour le plaisir des yeux.

La charpente est finie et quasiment sans aucune visserie ! Au programme de la suite du chantier : toit, bardage, isolation, contre-bardage et construction d’un premier étage. N’importe qui peut participer.

Crédits : Compte instagram le_pantale, CC-BY-SA 3.0

Le toit et futur plancher du premier étage
Centre du plancher
Vue générale
Un pilier
Le plancher

Tentative de traduction de gazouillis d’un phragmite des joncs du coin

Pourquoi humains toujours
Détruisez-vous les joncs et les saules de nos nids ?
Nous ne réclamons rien
Que des joncs et des saules
Et des buissons touffus
Pour nos oisillons nus.

Déjà quand l’hiver vient
Suivant les lignes de pôles
Nos becs nourriciers
Peinent…
— Mais nous chantons quand même !

Les larves et les insectes savoureux
— de même que nos propres aïeux —
Sont ores bien moins nombreux…

Et des saules et des joncs
De nos nids nouveaux
Encore
Souhaitez-vous nous priver ?

Pour nous défendre de vous
— plumes, becs, ailes, enfants —
Nous n’avons rien…
Même nos chants, nos gazouillis, nos sifflements
Ne vous souviennent plus
Que nous sommes vivants…

Vivants !
Encore…
Quand vos actes souhaitent nos morts…

Pourtant
Nous ne réclamions rien
Que des joncs et des saules
Et des buissons touffus
Pour nos oisillons nus.

Image d’un Phragmite des joncs par Gabriel Buissard CC-BY-SA 3.0 (trouvée sur Wikimedia Commons)

Carnet Musical #1

Les sons font vibrer la zad, depuis les coups rythmés du marteau aux chants improvisés au coin du feu, en passant par la berceuse du vent. Voilà la première compilation d’une semaine de zad en musique, comme un journal sonore où s’immerger pour découvrir le quotidien au Carnet. Les images, tournées elles aussi sur l’île, sont une invitation à contempler sa nature sauvage.

Théorie de la galette

À toi poète du bitume, à la 8,6 facile
Nous sommes des galettes de récup’
Ramassées à Saint-Michel
Toutes chaudes, sorties de l’usine
Entassées dans les poubelles
Triées à la volée, nous avons été jetées
Trop cuites, trop molles
Nous n’avons pas été gardées
Qu’elle est belle, cette diversité
De galettes s’entassant dans nos paniers
Nous avons quitté le moule
Nous étions différentes
Trop noires, trop dures
Nous ne connaîtrons ni le plastique, ni le carton
Dans des cagettes en bois,
On nous emmena au Migron
Partagez, mélangez, savourez !
Les galettes de la liberté
Sorties des bennes un jour férié
Remises au goût du jour
Après avoir quitté le four
Nous ne reverrons pas nos sœurs confinées
Dans les rayons des supermarchés
Maintenant nous faisons le bonheur
Des Terres et du Carnet
Nous avons vu les ânes
Nous avons vu les champs
Nous nous sommes serrées,
Entre pièces rejetées
Nous avons fait connaissance
Trop fades, trop grosses
Nous nous sommes aimées
Nous resterons au Carnet