Communiqué | La Loire, une Zone à Défendre

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Lieu historique d’une lutte d’envergure nationale contre un projet de centrale nucléaire, l’île du Carnet et son bras du Migron sont aujourd’hui de nouveau la cible des aménageurs. A l’Est de la ville de Paimboeuf, sur la commune de Saint-Viaud, le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire (GPMNSN) cherche à aménager 110 ha de zone naturelle en bord de Loire. Son objectif : créer une zone industrialo-portuaire dédiée notamment aux industries des énergies renouvelables.

Nous, collectif formé à la suite du weekend festif contre le projet organisé par l’association Stop Carnet, avons décidé d’occuper l’entrée du site naturel depuis lundi afin d’arrêter les travaux démarrés depuis déjà plusieurs jours.

Nous nous opposons à la destruction de cette zone de très grande importance en population de serpents, batraciens et oiseaux, et qui compose une mosaïque unique d’habitats de prairies sèches et roselières. Nous nous opposons au dragage de 250 000 m³ de sable de la Loire pour le comblement et le bétonnage de 51 ha de zones humides précieuses pour l’équilibre de l’écosystème de l’estuaire. Cet estuaire qui est notre lieu de vie, se transforme peu à peu depuis un siècle en un gigantesque port canalisé. Nous nous opposons à l’uniformisation de cette zone qui nous a émue par sa beauté et sa vivacité écologique.

Et la compensation écologique ? Cette question relève d’une mascarade. Il s’agirait de compenser la destruction de 110 ha de zone naturelle en réalisant des travaux sur le reste du site, soit les 285 ha restants de l’île du Carnet, zone déjà foisonnante. Comment oser parler de compensation ? Ces mesures sont non seulement une marchandisation du vivant et de milieux naturels, mais en plus une aberration en soi.

Concernant le terme du projet, qui serait lié aux industries des renouvelables, pouvons-nous croire en un modèle qui se construirait sur les ruines du monde vivant ? En un modèle présenté comme renouvelable mais reposant sur l’extractivisme de métaux et terres rares dans les pays de l’hémisphère sud. Cette industrie qu’on nous présente verte et écologique n’est autre que la vitrine d’une même culture : celle de l’accaparement des espaces de vie pour en faire des espaces productifs pour l’économie capitaliste.

Nous refusons cette fuite en avant énergétique et nous nous opposons à ces installations motivées plus par les intérêts de multinationales de l’énergie que par des choix désintéressés.

Le projet du Carnet fait parti d’un des 12 sites qui devraient être proposés clefs en main aux industriels, comme annoncé par le gouvernement en janvier dernier. Ils sont aujourd’hui 78. C’est contre cette réindustrialisation massive que nous nous organisons, mais aussi contre l’instrumentalisation de la création d’emplois mise en avant par le projet.

Aujourd’hui que les travaux démarrent sur les zones compensatoires pour retirer le dangereux Baccharis après 10 ans d’élaboration du projet, les voisins même les plus proches de la zone découvrent par notre présence l’industrialisation prévue et ses conséquences. Ce projet, qui prévoit déjà le remblaiement sur 50 cm de sable ne préviendra pas des submersions avec l’élévation du niveau des eaux lié au changement climatique mais constituera bien une zone à risque industriel de plus dans une région déjà bien pourvue en sites à risque. La tempête Xynthia avait déjà noyé une partie du site.

Cette occupation de l’espace public à l’entrée de l’île du Carnet constitue notre dernier recourspour défendre les roselières et leurs habitants de toutes peaux : à écailles, poils ou plumes. Ceux-ci ne peuvent résister seuls face aux bulldozers.

Sur cette Zone à Défendre (ZAD) nous avons en quelques jours construit une organisation collective qui s’attache aussi à lutter contre toutes les formes de domination, notamment sexiste et raciste. S’y retrouvent là des personnes de différents horizons et générations.

Nous demandons l’arrêt immédiat des travaux et l’abandon du projet du Carnet.

Nous sollicitons les riverain.es qui ne seraient pas déjà dans la lutte à venir nous soutenir et/ou à prendre contact avec le collectif Stop Carnet.

Nous lançons un appel à toutes les énergies disponibles pour cette cause à nous rejoindre, ou à apporter son soutien matériel ou médiatique.

Nous sommes la Loire qui se défend !

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Prochaines dates

  • samedi 13 septembre : Journée de réflexions et de convergence pour la défense de l’estuaire au Village du Peuple (rdv à partir du jeudi 10 septembre pour préparer)
  • dimanche 14 septembre : Perturbons le Forum Economique de Loire-Atlantique organisé par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Nantes St-Nazaire dont l’un des ateliers porte sur la thématique : les enjeux du “Zéro Artificialisation Nette”

Dans le cas d’une expulsion, nous nous donnons rendez-vous le 3ème dimanche qui suivra l’expulsion pour une manif massive de réoccupation  !

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