Des caméras cachées sur la ZAD pour surveiller les militant·es !

C’est un impressionnant dispositif de vidéosurveillance qui a été trouvé par des militant·es de la ZAD du Carnet le 31 août 2020. Des caméras étaient dissimulées dans des fausses pierres, des faux troncs d’arbres et le tout était relié à des modems, des puces GPS et des batteries de grande capacité.

Le tout aurait permis de retransmettre l’intégralité des vidéos en direct à leur destinataire pendant plus d’un mois si elles n’avaient pas été trouvées par chance au début de l’occupation de l’île du Carnet. Installées à un point stratégique, les caméras pouvaient observer toutes les allées et venues des militant·es sur la zone, dans un endroit considéré comme “safe” et donc où peu d’entre nous restaient cagoulé·es.

Sur l’une des caméras, un autocollant indique des informations techniques et le nom de l’entreprise qui a fournit le matériel : Allwan Security. Sur internet, cette société dit offrir “des solutions pour les militaires et les gouvernements”.

Au Carnet comme ailleurs, nous sommes surveillé·es et fiché·es

Surveiller illégalement des militant·es, que ce soit le fait de la gendarmerie ou des renseignements généraux, est une pratique profondément malsaine et anti-démocratique. Ce n’est pas sur la ZAD que l’on va vous dire que l’on croyait encore en la démocratie de ce pays, mais nous sommes toujours frappé·es qu’ils aillent toujours plus loin.

Contrairement à Bure, où la surveillance généralisée des militant·es a été mise au jour par l’enquête conjointe de Reporterre et Médiapart [1] , ce dispositif de surveillance a été mis en place en dehors de toute enquête judiciaire, et avant même que la ZAD ne s’implante [2] !

La découverte de ce système nous laisse à penser que d’autres moyens de surveillance ont déjà été mis en place pour surveiller les militant·es de la ZAD. Nous ne pouvons savoir lesquels, bien que nous ayons quelques idées.

Nous prenions déjà de nombreuses précautions pour limiter le fichage. C’est la raison pour laquelle nous portons des cagoules, nous limitons l’usage et la possession de téléphone (voire nous les excluons de certains lieux), nous refusons la présence des médias, des appareils photos et des caméras sur la ZAD (ou nous les encadrons strictement). Allons-nous trouver d’autres systèmes de surveillance sur l’île du Carnet ?

Face à la surveillance, continuons nos luttes pour la liberté de tout·es !

Alors que peut-on faire pour lutter contre ceux qui nous surveillent ? Nous pourrions lancer de grands slogans, inciter chacun·e à se relier à notre cause et clamer haut et fort que nous demandons au gouvernement de stopper ces pratiques illégales. Mais à quoi cela servirait-il ?

Avant tout, nous aimerions que les habitant·es de ce pays qui se croient encore libres comprennent que nous ne sommes libres que si nous acceptons de vivre la vie qu’ils ont choisi pour nous. Nous sommes libres d’aller au travail, de suivre leurs règles, de consommer et de nous taire.

Alors non, nous ne sommes pas libres.

Et ce n’est pas uniquement en cherchant l’autonomie ou en essayant de sortir du système à une échelle individuelle ou de mini-collectifs que l’on se libérera. Il faudra se battre contre le capitalisme, contre le libéralisme, contre l’État.

A la ZAD du Carnet, nous sommes la Loire qui se défend contre la bétonisation et son monde !

Pour plus d’informations sur ces caméras, on vous invite à consulter l’article de Reporterre et le billet du Collectif AutoMédia Énervé.


[1] Enquête de Médiapart : https://www.youtube.com/watch?v=P5K_pjhri3U
Enquête de Reporterre : https://reporterre.net/1-3-La-justice-a-massivement-surveille-les-militants-antinucleaires-de-Bure

[2] Par chance, les caméras ont été découvertes le jour même de l’installation de la ZAD, le 31 août 2020. Installées depuis déjà plusieurs jours (peut-être plusieurs semaines ?), elles ont tout de même pu renseigner sur les actions et la présence lors de la manifestation et du week-end de résistance organisé par le collectif Stop Carnet le week-end du 29 et 30 août 2020.

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